Conversation sur la vitalité culturelle du Sud-Ouest : démarche et faits saillants

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Culture Montréal

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« Festival MURAL, Boulevard Saint-Laurent, Montréal », photo par Jason Botkin (CC BY 2.0), modifiée

Pour Culture Montréal, le pouvoir des arts et de la culture comme liant social et instrument d’expression de l’identité collective est une clé du développement culturel de Montréal à l’échelle locale. Dans cette perspective, les quartiers montréalais constituent un véritable dénominateur territorial où se vit et se joue le vivre ensemble. Au cours de la dernière année, notre expertise en accompagnement des milieux dans leur développement culturel a été mise à profit pour un projet de l’Arrondissement du Sud-Ouest : réunir les acteurs culturels sur leur territoire, afin de les mobiliser et de faire une mise à jour de l’activité de ce secteur sur son territoire. Nous partageons avec vous ici les grandes lignes de la démarche et les faits saillants du portrait que nous avons brossé.

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Vous avez des questions à propos de notre démarche sur la vitalité culturelle des quartiers? Pour en savoir plus sur l’expertise et les services de Culture Montréal en accompagnement des milieux dans leur développement culturel, communiquez avec Daisy Boustany, directrice de projets, recherche et développement : 

T — 514 845-0303, poste 30
daisy.boustany@culturemontreal.ca 

La démarche et les faits saillants

 

En octobre 2016, Culture Montréal a été mandaté par l’arrondissement Le Sud-Ouest pour mener une démarche de mobilisation des acteurs du développement culturel afin de dresser un portrait de la vitalité culturelle du territoire. Une démarche en trois rencontres de travail a donc été entamée dès le mois de décembre 2016, de concert avec la nouvelle Direction de la culture de l’arrondissement. Cette démarche visait, dans un premier temps, à identifier et à repérer les acteurs qui contribuent à la vitalité culturelle de l’arrondissement. Ensuite, la démarche visait à solidariser ces acteurs afin de réengager le dialogue sur le développement culturel, et à faire avec eux un portrait des acteurs de la vitalité culturelle du Sud-Ouest.

En parallèle, quelques entrevues individuelles ont été réalisées afin d’approfondir des enjeux relevés en grand groupe et de mieux comprendre les réalités plus spécifiques à chaque quartier. Enfin, cette démarche de mobilisation a été complété par une recherche documentaire qui a permis de mettre en lumière les portraits sociodémographiques et économiques des populations locales, et de dégager des données sur l’historique culturelle de l’arrondissement.

Les faits saillants

Un document de trois pages exposant les faits saillants de notre rapport sur la vitalité culturelle du Sud-Ouest est maintenant disponible.

Consulter les faits
saillants de notre rapport

Une approche par quartier

Le Sud-Ouest a été traité en cinq sous-territoires tel que reconnus par une majorité d’acteurs et par l’administration municipale : Saint-Henri, La Petite-Bourgogne, Griffintown, Pointe Saint-Charles, et Ville Émard/Côte-Saint-Paul. Si un travail similaire devait être fait dans d’autres arrondissements de la Ville, il est possible que le découpage territorial soit fait autrement, en district électoraux ou en misant sur les pôles culturels, par exemple. Dans le cas du Sud-Ouest, nous avons rapidement constaté la nécessité de reconnaître les frontières invisibles des quartiers et d’appliquer de façon distincte nos questionnements d’un quartier à l’autre, afin de saisir toutes les nuances et les disparités qui coexistent dans Le Sud-Ouest.

Définir les notions de vitalité culturelle et d’acteurs culturels

La mise en place de la démarche de concertation sur la vitalité culturelle du Sud-Ouest a été l’occasion pour les professionnels de l’arrondissement de renouveler leur réflexion et leur compréhension de la notion d’acteurs culturels. La notion de vitalité culturelle, prenant en compte la reconnaissance de plus en plus forte des impacts transversaux de la culture sur le développement économique, mais également de son rôle comme outil de cohésion sociale, a trouvé écho auprès des décideurs de l’arrondissement.

Se référant à un écosystème plus large que celui de la seule offre développée par les secteurs artistiques établis ou des approches traditionnelles de la diffusion culturelle, cette conception des structures et des acteurs en place convenait à la complexité territoriale devant être prise en compte à l’échelle d’un arrondissement. En effet, l’évolution des pratiques artistiques et culturelles de façon générale, mais aussi la multiplicité des facteurs ayant une influence sur le développement culturel se devaient d’être reflétés dans l’entièreté de la démarche. Ainsi, le repérage d’une pluralité d’acteurs contribuant à la vitalité culturelle a, dès le début de la démarche, favorisé leur inclusion.

La vitalité culturelle est caractérisée par la présence d’artistes, d’organismes, d’actions et d’industries culturelles et créatives contribuant à une offre riche et diversifiée et évoluant en interaction entre elles, ainsi qu’avec d’autres champs d’actions locales. Elle est ancrée dans les milieux de vie et fait appel à une participation proactive de la communauté et des citoyens.

Validation scientifique de la démarche

Dans le cadre de son chantier sur les quartiers culturels, Culture Montréal a travaillé en collaboration avec l’équipe de recherche du CRISES (Centre de recherche sur les innovations sociales) de l’UQAM, sous la direction du professeur Juan Luis Klein, et avec l’équipe du TIESS (Territoires innovants en économie sociale et solidaire), sous la coordination de Geneviève Létourneau-Guillon, pour développer une grille d’indicateurs permettant de faire le portrait des acteurs de la vitalité culturelle d’un arrondissement. Cette grille, d’abord utilisée comme outil de recherche académique, a fait l’objet d’une appropriation par Culture Montréal et a donné lieu au développement de cette démarche basée sur les cinq grands piliers de la vitalité culturelle.

Pour un développement culturel durable des quartiers

 

Quatre ans après l’adoption du Plan de mise en oeuvre des quartiers culturels de la Ville, nous croyons que le temps est venu de franchir une nouvelle étape dans le développement des quartiers culturels. L’exemple de différentes grandes villes démontre qu’un développement culturel durable des quartiers se doit d’être toujours contextualisé, c’est-à-dire en arrimage avec la compréhension des territoires, des dynamiques et des populations qui y vivent. D’ailleurs, c’est en prenant en compte tous les acteurs qui contribuent à la vitalité culturelle qu’on peut le mieux accompagner l’émergence de projets novateurs et des phénomènes organiques qui y ont lieu.

 

Si les quartiers sont le véritable dénominateur territorial où se vit et se joue le vivre ensemble, il est donc important de rappeler l’importance d’un développement durable, intelligent et conscient. Partout, le phénomène d’embourgeoisement a des impacts sur l’accessibilité et la participation culturelle aux arts et à la culture des citoyens, mais également sur les conditions de la création artistique et culturelle. C’est donc par la mise en valeur des leviers identitaires et le déploiement d’une vision cohérente avec les réalités vécues par les populations locales, incluant celles des artistes, que le développement culturel se fera de façon pérenne.