Se projeter dans l’avenir était la thématique de la troisième journée du Forum Les Arts et la Ville du jeudi 11 juin dernier. C’est pour se projeter et se donner de l’élan que Culture Montréal a voulu proposer un panel qui sortirait un peu du cadre et des considérations opérationnelles ou administratives du développement culturel dans les municipalités. Plutôt, il s’est penché sur le concept de la promenabilité, en posant la question des lignes de désir et des raisons pour lesquelles les citoyens et citoyennes voudraient marcher leur territoire. C’est Emmanuelle Hébert, directrice générale de Culture Montréal, qui a animé les échanges entre Daniel Canty, artiste et écrivain, et Pascaline Walter, architecte paysagiste chez Arpent.
Mais qu’entend-on par promenabilité ? Mise en avant par Héritage Montréal depuis de nombreuses années, cette notion réfère à un modèle d’aménagement urbain centré sur la qualité du lieu, soucieux de mettre en valeur l’environnement, notamment culturel et patrimonial, pour permettre aux citoyens et citoyennes d’explorer et de s’approprier un territoire par la marche. Plusieurs éléments mènent à la création d’un milieu propice à la promenade : des chemins accueillants qui permettent de passer d’un quartier à l’autre facilement, du mobilier urbain attrayant dans sa conception et son emplacement, l’existence de petits sentiers dans la ville qui ont parfois une dimension transgressive et qui permettent un autre regard sur son cadre de vie. À cela s’ajoutent les interventions en design urbain, en art public ou en pratiques éphémères dans l’espace public. En offrant des points d’arrêt, de contemplation ou de jeu ainsi que des espaces de ralentissement, l’art, le patrimoine et les paysages ouvrent de nouvelles perspectives sensibles au piéton, et c’est pour toutes ces raisons que la promenabilité est partie intégrante de la vision de Culture Montréal sur l’aménagement culturel du territoire.