Montréal, capitale mondiale de l’art et de la créativité numériques — Bilan 17-18


Rafael Lozano-Hemmer, «Articulated Intersect, Relational Architecture 18», 2011.
Sur la photo: Triennale québécoise (conservatrice en chef: Marie Fraser), Musée d’art contemporain de Montréal, Montréal, Québec, Canada. Photo par : James Ewing.

Une première année positive

En novembre 2017 avait lieu le lancement de la déclaration « Montréal, capitale mondiale de l’art et de la créativité numériques » endossée par plus de 80 représentants du milieu. Voici un sommaire des activités entreprises par la Commission Montréal numérique au cours de l’année 2017-18. Rappelons que la Commission a été mise en place par Culture Montréal en 2017 afin d’encourager l’épanouissement du milieu et de répondre aux besoins de ses artisans.

La naissance de la commission Montréal numérique

La commission Montréal numérique de Culture Montréal est composée d’une trentaine de bénévoles issus du milieu qui se réunissent sur une base mensuelle. Suite à la création de la commission, plusieurs sous-comités ont été formés afin de mieux cerner les enjeux propres aux artistes, aux entreprises et à la diffusion pour ainsi établir les bases d’un projet rassembleur. Puis, trois ateliers de travail, ouverts à la communauté, ont eu lieu en novembre 2017, février 2018 et avril 2018.

La démarche entamée par la commission Montréal numérique a suscité beaucoup d’intérêt et plusieurs organisations et institutions ont assisté à des rencontres et ateliers à titre d’observateurs, tels que Patrimoine Canada, le Ministère de la Culture et des Communications du Québec, le Fonds d’investissement de la Culture et des communications, ainsi que la Ville de Montréal


Photo : Yannick B. Gélinas

Atelier 01 —
Montréal, capitale mondiale de l’art et de la créativité numériques

À l’occasion du lancement de la déclaration « Montréal, capitale de l’art et de la créativité numériques » le 14 novembre 2017, c’est près de 80 personnes qui ont pris part à l’atelier 01 organisé par la commission Montréal numérique pour partager leurs préoccupations face au milieu. Tenue à la Société des arts technologiques, ce premier atelier a permis de cristalliser une forte volonté d’apprendre à se connaître et d’identifier les points communs et les forces partagées entre les artistes, institutions et industries rassemblés. Depuis, la Commission a entamé une démarche réunissant entreprises, artistes et universitaires dans un processus de travail et de réflexion.

Consultez la déclaration

Atelier 02 —
Cartographie de l’écosystème montréalais des arts et de la créativité numériques

Tenue au Centre Phi, le 15 février 2018, l’Atelier 2 organisé par la Commission Montréal numérique a réuni une trentaine de personnes autour d’un projet de cartographie du milieu. Les pistes explorées à l’occasion de ce second atelier ont permis de mettre en lumière les défis, mais aussi la nature prioritaire d’un tel exercice. L’objectif premier demeurait d’apprendre à se connaître, mais aussi de saisir la richesse des liens qui unissent  les différents acteurs du milieu.  À long terme, tous pourraient profiter du renforcement quantitatif et qualitatif de ces liens. La cartographie apparaît être un bon levier pour enrichir les collaborations, échanges et partenariats au sein du milieu.

Il fut établi qu’un système pérenne de cartographie du milieu devra être mis en place à moyen terme à l’aide de métadonnées et avec la collaboration de chercheurs experts. Un sous-comité dirigé par Mouna Andraos (Daily tous les jours) permettra à moyen terme de compléter l’exercice de cartographie dans sa première forme. Le comité aviseur constitué d’experts et de membres de la Commission numérique s’est réunit en juin 2018 à cet effet pour établir une marche à suivre afin de cartographier le milieu de façon collaborative. Pour y parvenir, la contribution de la communauté sera essentielle.

« Life on Mars ? », 2016.
Photo : Frédéric Lavoie (CC BY 2.0)


Afin d’unifier les données du milieu et de faciliter l’exercice de cartographie, une stratégie commune d’entrée de données sur Wikipedia sera mise en place. Précisons que les participants n’auront pas à produire des données, mais seront plutôt invités à créer ou à enrichir les articles les concernant dans un format commun à tous les membres de la communauté. De ce processus, des données pourront être extraites de Wikidata. Présentées dans un format interopérable, il sera possible de faire des liens entre les différentes données disponibles sur Wikidata (liens  avec d’autres villes, pays, œuvres, personnes, événements, etc.) ou ailleurs. Ceci a pour avantage d’établir des connexions entre les profils de participants sur Wikipédia (améliore fortement le référencement auprès des moteurs de recherche) et de fournir les données qui peuvent être utilisées sur différents sites et applications, en mode public ou privé. 

Atelier 03 —
Comment rallier les forces vives d’un milieu?

Le 13 avril dernier, dans le cadre de l’édition 2018 du forum de MUTEK_IMG, la commission Montréal numérique de Culture Montréal a convié différents intervenants à réfléchir à l’importance de se rassembler pour accroître le dialogue, les maillages et la concertation entre les forces industrielles et artistiques. Nous avons d’abord assisté à une présentation de Simon Brault, directeur du Conseil des arts du Canada et président-fondateur de Culture Montréal,  lors de laquelle il a partagé son expérience et sa perspective. Nous avons ensuite eu l’occasion d’échanger avec Jérémy Pouilloux et Margaux Missika de PXN (Producteurs d’Expériences Numériques, France) qui effectuent une démarche similaire à la nôtre. Également, Valérie Bécaert, directrice du groupe de recherche chez Element AI, a présenté la démarche entamée au sein du milieu de l’intelligence artificielle dans le but éventuel de créer des ponts avec le milieu des arts, notamment par la mise en place d’un groupe de travail, et d’encourager la collaboration entre les deux milieux.

L’Atelier 03 s’est déroulé en après-midi. Cette troisième session de travail a rassemblé près de 40 participants. Outre la généreuse participation des membres de la Commission Montréal numérique, plusieurs acteurs de la communauté ont contribué à enrichir la réflexion : Luc Courchesne (SAT), René Barsalo (Concepteur multimédia), Josée Plamondon (Cyber bibliothécaire), Armando Menicacci (Hexagram), Mehdi Benboubakeur (Printemps numérique), Louis-Richard Tremblay (ONF), Colin D. Hendry (Spotev), Yan Breuleux (Professeur et artiste immersif), Pauline Gadea (Consultante Médias), Marie-Joëlle Corneau (Partenariat du Quartier des spectacles), Michel Huneault (photographe), Israel Palacios Fierro (artiste), Anne-Marie Archambault (Akufen), Julie René (avalanche production), Philippe Baylaucq (cinéaste), Marine Leparc (Québec numérique), Tammy Lee (Culture creates) et Marjolaine Béland (UQAM).

Les discussions étaient principalement orientées autour des créateurs, des publics et des marchés. Les participants ont tenté de répondre, en sous-groupes, à 3 questions afin de proposer des solutions concrètes et des idées de projets.

Question 01 : Quels mécanismes peuvent favoriser la réciprocité et les rétroactions entre le secteur des arts et des industries créatives?

→   À partir d’une banque de ressources colligée par la Commission Montréal numérique, développer un programme de résidences croisées artistes / entrepreneurs inspiré de ce que fait le Conseil québécois des arts médiatiques (CQAM), et favorisant le développement de résidences d’entrepreneurs issus des industries créatives dans les milieux artistiques;

→  Sur le modèle de l’application de réseautage social Tinder, mettre sur pied une banque de ressources créatives qui présenterait des profils de compétences issus des arts comme de l’industrie;

→  Labs de cocréation arts et industries, labs thématiques, living Labs;

→  Former des équipes multidisciplinaires pour répondre à des
appels de projets (ex. villes, gouvernements…);

→  Positionner les arts dans les problématiques urbaines.

 

Question 02 : Quels outils et initiatives peuvent accroître notre présence auprès du grand public à travers les médias?

→  Mettre sur pied une campagne d’infiltration des arts et de la créativité numériques dans la vie de tous les jours, dans différents lieux physiques et dans l’espace numérique;

→  Identifier des ambassadeurs parmi les journalistes et les autres influenceurs;

→  Créer ou s’associer à une agence de relations publiques qui aurait le mandat de développer une stratégie de contenu et de marketing grand public axée autour de deux grands volets : création de partenariats avec les médias web et imprimés existants et la mise en place d’un réseau de blogueurs / influenceurs sur les réseaux sociaux;

→  Créer un tour opérateur pour les médias et les influenceurs qui propose du « tourisme expérientiel » dans les milieux de la créativité numérique;

→  Résidences pour journalistes;

→  Création d’un grand prix Industrie créative avec bourse bénéficiant du soutien d’entreprises du secteur privé.

Question 03 : Comment faciliter le partage d’expertises en développement de marchés internationaux et en exportation?

→  Mettre sur pied un comité Art-Export qui anime une programmation (conférences, rencontres), voit aux opportunités de réseautage dans les événements et stimule la réflexion autour de la création d’un fonds de coproduction en art et créativité numériques;

→  Intégrer les artistes et les créateurs aux missions internationales, et réciproquement, inviter producteurs et diffuseurs en provenance d’autres pays  à participer à des événements  vitrines

→  Créer une république du numérique, inspirée du modèle d’une agence de presse, soit une organisation qui recense les missions et les voyages internationaux, organise la mise en commun des expériences et expertises, et relève les défis reliés à l’intelligence de marchés;

→  Utiliser un label (inspiration « French tech ») pour les installations, œuvres présentées à l’échelle internationale;

→  Imaginer un système de parrainage entre les personnes qui ont de l’expérience en développement de marchés à l’international et ceux qui débutent dans le domaine;

→  Mettre en place des cliniques de partage d’expertises sur les marchés internationaux.