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03.10.2013 REVUE DE PRESSE – Élections municipales #1 : pourquoi faut-il parler de musique indé ?

Vivian Pradeis, La Fourche à foin, 3 octobre 2013

Le 3 novembre prochain les montréalais prendront le chemin des urnes pour élire leur nouveau maire. Il est temps pour nous de dégainer notre dispositif spécial municipal. Premier chapitre : pourquoi ne parle-t-on pas de musique indépendante et pourquoi devrait-on en parler ?

Montréal est une ville fantastique : la culture y joue un rôle unique. Pour avoir suivi de nombreuses élections en France, jamais je n’ai vu une telle mobilisation autour de la culture dans un cadre politique. Le 12 septembre, Culture Montréal dévoilait ses 21 PROPOSITIONS pour accélérer l’édification de Montréal comme métropole culturelle durable. Puis le 25 c’était Le Devoir qui publiait une tribune signée par les associations professionnelles. Ensuite les artistes ont manifesté le 29 septembre au Parc des Faubourgs. Dernier événement en date, le 1er octobre, les principaux candidats se sont rencontrés pour une débat spécial autour de la culture. Tout cela est révélateur de la place de la culture dans le cœur des citoyens. Mais surtout, cette mobilisation témoigne du dynamisme du milieu culturel montréalais. En effet, celui-ci semble déterminé à peser sur le cours des débats.

Néanmoins, culture rime rarement avec musique indépendante dans la bouche des hommes politiques. Pourtant depuis le début des années 2000, la scène indépendante montréalaise s’impose comme une des plus créatives du monde conférant à Montréal un statut de métropole culturelle mondiale.
Montréal, capitale mondiale de la musique indé

Partout dans le monde, Montréal est reconnue pour la vitalité de sa scène musicale. Des musiciens du monde entier y viennent non seulement pour jouer mais aussi pour y vivre, bien conscients que l’air d’ici n’est pas le même qu’ailleurs. Sur les bords sur Saint-Laurent, il se passe quelque chose d’unique qui permet aux bands d’accoucher d’un son pas comme les autres. Et aujourd’hui Montréal appartient au club très fermé des capitales de la musique au même titre que Brooklyn, Berlin ou Portland. Grâce à ses musiciens qui clament avec fierté le nom de leur ville, la métropole québécoise rayonne sur les scènes des plus grandes villes. Cependant, les différents candidats à la mairie ne parlent presque jamais de musique indépendante.
Pourquoi les candidats devraient parler de musique ?

Et ce silence des candidats est d’autant plus paradoxal que la musique indépendante est le secteur culturel montréalais le plus reconnu internationalement. En effet, le jeux vidéo a ce problème d’être une industrie apatride. Personne ne sait où a été fait le dernier jeu d’Electronic Arts ; par contre tout le monde sait d’où vient Arcade Fire ou Godspeed. Au-delà, la plupart des arts sont individuels (les arts plastiques, la littérature, l’architecture) ou national (le cinéma) ; seule la musique appartient à une ville. Le concept de scène s’enracine dans l’expérience de la vie municipale. Les grands orchestres sont propres à des villes (Berliner Philharmoniker, Wiener Philharmoniker), tout comme les grands festivals.

Mais au-delà de la renommée internationale, la vitalité de la scène musicale est une source de revenu et pas seulement touristique. Derrière les groupes, ce sont des salles de concert, des brasseurs, des maisons de disques, des studios d’enregistrement, des agences de communication, etc. Bref il existe à Montréal toute une économie de la musique qui fait vivre plusieurs dizaine de milliers de personnes. Cette industrie non délocalisable connaît une croissance très forte, même en temps de crise.
Pourquoi les candidats devraient parler de musique indé ?

Enfin, la musique indépendante est une musique principalement écoutée par les enfants de la classe moyenne. Hors d’une part ce sont les classes moyennes qui déterminent le sort des élections et d’autre part, les statistiques sont cruelles, plus le niveau de richesse augmente plus la propension à voter est forte.

De plus au niveau mondial, ces jeunes de la classe moyenne sont riches, éduqués, polyglottes et fortement connectés : ils seront les dirigeants de demain. Les hipsters vont devenir des hommes d’affaire. Mais jamais ils n’oublieront la musique qu’ils ont aimé dans leur jeunesse, et surtout les villes d’où venaient ces groupes. Alors bien sûr, les jeunes new yorkais, parisiens ou londoniens ne votent pas pour les élections municipales de Montréal. Mais l’indé est un enjeu de visibilité à l’échelle internationale.

Alors, parlons de musique indépendante.

À suivre…

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« Élections municipales #1 : pourquoi faut-il parler de musique indé ? »
Vivian Pradeis, La Fourche à foin, 3 octobre 2013
http://lafourcheafoin.com/2013/10/03/elections-municipales-pourquoi-faut-il-parler-de-musique-inde/

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