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29.09.2013 REVUE DE PRESSE – « Course à la mairie de Montréal : les artistes veulent un maire inspiré »

Hassan Laghcha, La Scena Musicale, 29 septembre 2013
Les candidats à la mairie rivalisent d’affection pour le secteur arts et culture. Ils avancent tous de belles idées et de beaux projets pour que Montréal accède pleinement à son statut de métropole culturelle et artistique cosmopolite. De leur côté, les gens des milieux artistique et culturel se mobilisent pour que la future administration de la ville donne suite favorable à leur doléances. Ils souhaitent que le futur maire soit « plus actif » et plus engagé en faveur des travailleurs de ce secteur, parent pauvre des finances publiques. Voici un tour d’horizon des engagements des uns et des revendications des autres.

Richard Bergeron : sauvegarder les ateliers d’artistes

Richard Bergeron, chef de Projet Montréal et le plus ancien des aspirants à la mairie, propose notamment d’indexer le budget annuel du Conseil des arts de Montréal (CAM) à l’inflation et par la suite, quand la crise économique prendra fin, d’indexer ce budget au taux de la croissance économique. Ainsi le CAM, d’après lui, sera en mesure « d’augmenter son influence et ses champs d’intervention au même rythme que la moyenne des autres secteurs d’activité ». Dans son programme électoral, Projet Montréal s’engage également à imposer un moratoire sur la conversion en zonage résidentiel des ateliers d’artistes et d’artisans.

Fidele à son amour pour les rues piétonnes, R. Bergeron s’engage à développer une programmation annuelle d’activités artistiques et culturelles pour faire de ces rues « des lieux de rencontre et d’expressions artistiques et culturelles qui auraient pour effet de bonifier l’attrait touristique de Montréal ». Cet urbaniste propose de tenir annuellement un concours d’art public extérieur, visant à ériger des sculptures et autres œuvres d’art partout où auront lieu des projets majeurs de réaménagement urbain. « Ce programme sera doté d’un budget de 5 millions $ par année », annonce-t-il.

Il propose aussi de favoriser l’achat en coopérative ou le bail à long terme d’espaces pour les artistes. Ce qui permet selon lui de « sortir du marché spéculatif des espaces dédiés à la production culturelle ». Aussi, il veut centraliser et rendre disponibles, sur un seul portail, toutes les informations relatives à la mise en œuvre de nouveaux espaces de diffusion culturelle et artistique : réglementation, informations et conseils juridiques, financement (subventions, concours et prix, avantages fiscaux), organismes et personnes ressources, la liste complète des regroupements artistiques associatifs et le calendrier des événements.

Denis Coderre : repenser la géographie culturelle de Montréal

De son coté, Denis Coderre reste fidele à son mot d’ordre : démocratie directe ! Les engagements culturels de son équipe seront développés « en concertation avec les leaders culturels et les citoyens, tenant compte des priorités et des besoins », annonce-t-il. Le candidat affirme que Montréal affiche un « bilan de santé favorable sur le plan culturel », en voulant pour preuve « le consensus autour de multiples projets et initiatives ». Il appelle de ses vœux une « ville signée aussi par ses artistes » et souhaite « développer une vision culturelle inclusive ». Pour ce faire, il s’est officiellement adjoint une candidate responsable des questions culturelles : Manon Gauthier, ancienne chef de la direction du Centre Segal des arts de la scène. Cette démarche traduit, selon D. Coderre et son équipe, la volonté d’agir comme « facilitateur entre les milieux des arts, des affaires, de la philanthropie, de l’éducation et les partenaires publics, sans pour autant que l’apport de l’un se fasse au détriment des autres ».

Selon ce candidat, il faut repenser la géographie culturelle de la métropole en reliant tous ses pôles culturels et en incitant les échanges dynamiques entre eux. Denis Coderre affirme que le Quartier des spectacles devra continuer à jouer un rôle de pivot comme centre de production et de diffusion culturelle, mais ses liens avec les différents quartiers culturels doivent être plus étroits. Pour lui, les différents quartiers montréalais regorgent de créateurs et d’attraits qui contribuent à l’identité de Montréal. « Il faut les valoriser davantage », dit-il en mettant l’accent sur la synergie escomptée entre les quartiers culturels, les arrondissements et le centre-ville. « Une approche de la culture pour tous, ajoute-t-il, intègre à la fois les quartiers culturels et, de manière tout aussi importante, la médiation et la diversité culturelles. »

Marcel Côté : renégocier l’entente Québec-Montréal

Pour sa part, Marcel Côté, chef de la nouvelle formation Coalition Montréal, se montre partant pour « augmenter et diversifier les sources de financement pour la culture ». Il s’engage à accroître la contribution municipale au budget du CAM de 10 % par année pendant quatre ans. Selon cet économiste, « le Conseil des arts devrait avoir les moyens de ses ambitions puisqu’il est l’outil privilégié de la Ville pour appuyer la création, la production et la diffusion artistiques professionnelles ».

M. Côté s’engage également à « renégocier l’entente entre le ministère de la Culture et des Communications et la Ville de Montréal et en revoir les paramètres pour assurer une meilleure distribution des ressources. « Cette entente de 164 millions $ sur trois ans inclut, entre autres, la consolidation du réseau des bibliothèques, la mise en valeur du patrimoine et le financement d’activités favorisant l’accès à la culture », précise la plateforme électorale de Coalition Montréal. Marcel Côté se dit aussi disposé à « explorer l’opportunité d’imposer une taxe sur les panneaux d’affichage et favoriser l’implication des milieux d’affaires ».

Abordant la question de l’accès des citoyens aux arts et à la culture, M. Côté s’engage à favoriser les activités de médiation, les résidences d’artistes dans les bibliothèques, les maisons de la culture et d’autres lieux institutionnels comme les écoles, les hôpitaux et les résidences pour personnes âgées. « Cet exercice devrait viser particulièrement, dit-t-il, le public des jeunes et des citoyens issus de la diversité, trop souvent exclus. »

Mélanie Joly : rattraper le retard en art public

Mélanie Joly, la plus jeune des candidats, part du constat désolant du « retard qu’accuse Montréal, ville UNESCO de design », comparativement à d’autres villes nord-américaines de la même taille. Et particulièrement en ce qui concerne le nombre d’œuvres d’art public sur le territoire de la métropole, le soutien accordé aux œuvres éphémères, la présence d’œuvres d’artistes de réputation internationale ainsi qu’en matière de diffusion et de promotion. « Cela se traduit, selon Mélanie Joly, par des espaces et ouvrages publics dont la qualité laisse trop souvent à désirer ». Elle affirme que la ville compte sur son territoire certains lieux au potentiel artistique incroyable. L’exemple le plus frappant, pour elle, est le Silo no 5 situé à l’extrémité ouest du Vieux-Port et à l’embouchure du canal de Lachine. Elle propose d’aménager cet édifice construit en différentes phases entre 1903 et 1959, et désaffecté depuis 1994, en « un immense lieu de projection citoyen, où les Montréalais seront appelés à soumettre leurs vidéos et images à être projetées sur cet écran géant : un méga YouTube ». Cela permettrait, selon la chef du groupe baptisé « Le vrai changement pour Montréal », d’ouvrir les milieux urbains et les espaces publics à l’art et au design de qualité, en les rendant accessibles partout et à la vue de tous.

Elle propose également d’aménager le parc Jean-Drapeau et de le doter des infrastructures nécessaires pour y présenter des concerts et festivals de calibre mondial. Elle s’engage à créer un poste de conservateur de l’art public montréalais avec des pouvoirs accrus. Elle s’engage aussi à mettre en valeur l’histoire de Montréal par des murales et des projections, en indiquant sur les plaques de rues l’origine de leur nom et en marquant les lieux de naissance et de résidence des Grands Montréalais.

Culture Montréal, les 21 devoirs d’un maire « plus actif »

Augmenter à 20 millions $ le budget du Conseil des arts de Montréal (CAM), prioriser la préservation et l’implantation d’ateliers d’artistes à coût abordable sur l’ensemble du territoire de la ville, percevoir une taxe sur les panneaux d’affichage pour financer la culture à l’instar de Vancouver et Toronto, renégocier à la hausse les sommes liées à l’entente de développement culturel avec le gouvernement du Québec et consacrer une enveloppe distincte au développement des quartiers culturels.

Ce sont quelques-unes des 21 propositions présentées par l’organisation Culture Montréal qui souhaite que le futur maire de Montréal soit « plus actif » et « plus engagé ». Culture Montréal, qui se définit comme un mouvement citoyen indépendant et qui agit à titre de Conseil régional de la culture pour Montréal, sollicite ainsi un « engagement concret et conséquent des candidats à la mairie en vue d’accélérer l’édification de Montréal comme métropole culturelle durable, inclusive et cosmopolite ».

CM appelle aussi le prochain maire à jouer un rôle important pour inciter les gouvernements provincial et fédéral à augmenter leurs contributions au financement des infrastructures et des divers programmes de subventions, de bourses et de crédits d’impôts qui sont essentiels au maintien d’une activité artistique de qualité. Cette organisation demande également que le nouveau maire interpelle ses partenaires du Comité de pilotage de Montréal, métropole culturelle dès le début de son mandat pour que la réalisation intégrale du Plan d’action 2007-2017 soit assurée et que commence l’élaboration d’objectifs post 2017. « Le mandat de quatre ans du prochain maire s’achèvera en 2017, date butoir du plan d’action de Montréal, métropole culturelle, où convergeront plusieurs anniversaires (375e de Montréal, 50e de l’Expo, 150e de la Confédération canadienne) », rappelle le CM qui veut qu’on profite de ce rendez-vous historique pour doter la métropole de « legs permanents et exemplaires en matière d’infrastructures ».

Les artistes mettent la pression

Les collectifs d’artistes multiplient les rassemblements et les rencontres pour amener les candidats à la mairie à préciser leur vision du développement culturel de Montréal et à tenir des engagements fermes et concrets.

– Le 29 septembre à 14 h, un regroupement de plusieurs groupes et associations professionnelles organise au parc des Faubourgs un grand rassemblement. Objectif : assurer que les arts et la culture feront partie du débat électoral, que les candidats reconnaissent de façon tangible l’apport considérable des artistes au dynamisme économique et au rayonnement de Montréal sur la scène nationale et internationale et que cette reconnaissance se traduise par des engagements fermes et concrets de leur part.
– Le 1er octobre à 19 h 30, Culture Montréal organise au Club Soda une rencontre/débat où les quatre principaux candidats à la mairie sont invités à présenter leurs programmes de développement culturel de la ville et à répondre aux questions du public.

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« Course à la mairie de Montréal : les artistes veulent un maire inspiré »
Hassan Laghcha, La Scena Musicale, 29 septembre 2013
http://blog.scena.org/2013/09/course-la-mairie-de-montreal.html

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