Culture Montréal / Les publications / Éditoriaux / ÉDITORIAL – Données ouvertes et transparence, pour améliorer le rôle de l’État et permettre une vraie démocratie citoyenne

Les publications

28.03.2013 ÉDITORIAL – Données ouvertes et transparence, pour améliorer le rôle de l’État et permettre une vraie démocratie citoyenne

Nous vivons à une époque plus interactive que jamais, grâce notamment aux technologies de l’information et à Internet, qui permettent la diffusion d’une quantité d’informations qui ne cesse d’augmenter.
Le mouvement des données ouvertes (Open data), qui prône l’accès pour tous aux informations publiques, sans restriction, s’accélère à une vitesse grand V. Depuis quelques années, plusieurs pays, comme le Royaume-Uni, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les États-Unis, ont décidé d’emprunter cette voie et d’adopter des politiques sur les données ouvertes pour  « changer la culture du pouvoir », c’est-à-dire réduire l’écart entre les citoyens et les administrateurs publics en termes d’accès à l’information.

Il devient impératif de repenser et de rehausser la qualité de l’accès aux documents publics. Le numérique ouvre toute grande la porte à des façons de faire plus performantes et plus transparentes, dans une perspective d’information, mais aussi de communication réelle avec le citoyen. Les organismes publics doivent s’ajuster et se réinventer pour répondre à ces nouveaux besoins, et aller bien au-delà de la simple diffusion d’information et prestation de services en ligne. Et ce sont tous les organismes publics qui doivent être interpellés fermement sur cet enjeu.

Dans un mémoire déposé aujourd’hui dans le cadre des consultations sur la révision de la Loi d’accès à l’information, Culture Montréal souligne que le Règlement sur la diffusion de l’information et sur la protection des renseignements personnels du Québec devrait être élargi pour inclure tous les organismes publics qui en sont actuellement exclus, notamment les municipalités. Nous affirmons aussi, à l’instar du mouvement Québec ouvert, que le Québec devrait se doter d’une politique sur les données ouvertes, afin de maximiser les bénéfices engendrés par le partage d’informations avec tous les acteurs de la société. L’accès aux documents publics constitue un fondement essentiel de toute société démocratique, et nous croyons que la qualité de cet accès a un impact majeur sur la participation à la vie publique. De plus, au moment où on connaît une crise de confiance énorme envers nos institutions démocratiques, l’amélioration de l’accès aux documents publics permettrait de reconstruire la confiance citoyenne envers les institutions, et assurer non seulement l’intégrité de ces dernières, mais aussi le bon fonctionnement de notre système politique.

La Ville de Montréal, via le portail Mamairie.ca qui permet de suivre les actions des élus municipaux, a commencé à suivre le mouvement des données ouvertes. Il s’agit bien sûr d’une initiative intéressante, mais il reste encore beaucoup à faire pour permettre un accès libre à l’ensemble de l’information municipale utile aux citoyens. Adopter une politique de données ouvertes ne signifie pas seulement s’inscrire dans une démarche de  transparence. Le principal problème reste l’absence de diffusion de données brutes. Par exemple, à ce jour, impossible d’accéder aux investissements détaillés des municipalités du Québec en culture. Le rapport de l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, entre autres, met Montréal et Québec dans la même catégorie, alors qu’elles sont fort différentes en matière de dépenses culturelles. Autre exemple, les budgets gouvernementaux, qui sont toujours présentés aux citoyens en version interprétée. Pas d’accès aux données brutes signifie qu’il n’y a pas d’autre interprétation possible de la part d’experts et de journalistes… Par ailleurs, quand les données brutes des organismes publics seront rendues disponibles, avec des outils technologiques facilitant leur interprétation, les citoyens seront plus enclins à développer de nouvelles applications pour ces informations, ce qui favorisera la créativité et l’innovation.

Pour Culture Montréal, il est crucial de mettre sur pied des mécanismes qui permettront une meilleure collaboration entre les organismes publics et la société civile, encourageant ainsi l’appropriation de l’information par les citoyens et une participation accrue à la vie démocratique. Lisez notre mémoire sur le rapport « Technologies et vie privée à l’heure des choix de société » de la Commission d’accès à l’information ici.

Un peu plus

Culture Montréal est une organisation indépendante de réflexion et d’action qui contribue à édifier l’avenir de Montréal comme métropole culturelle, par des activités de recherche, d’analyse et de communication. Son mandat est d’affirmer le rôle central des arts et de la culture dans toutes les sphères du développement de Montréal : l’économie, les affaires, la politique, l’aménagement du territoire, l’éducation, la vie sociale et communautaire tout en favorisant la diversité culturelle, la relève, les pratiques émergentes et l’art public.

Merci à nos membres et à :

Je deviens membre.
Le français en scène. Projet de valorisation de la langue française.
Micro Culture, pour parler culture quartier par quartier
Agenda 21. Culture aujourd'hui demain.

Culture Montréal est membre de :

  • Les Arts et la Ville
  • Bureau du Cinéma et de la Télévision du Québec
  • Chambre de commerce du Montréal métropolitain
  • Coalition canadienne des arts
  • Conseil des relations internationales de Montréal
  • Diversité Artistique Montréal
  • Héritage Montréal
  • Le Réseau des conseils régionaux de la culture