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04.02.2013 ALLOCUTION – Montréal, métropole universitaire : la communauté montréalaise se mobilise pour soutenir ses universités (#u9mtl)

Le président de Culture Montréal, Simon Brault, était un des conférenciers invités à prendre part à la réflexion sur la contribution des universités pour le développement socio-économique et culturel d’une métropole comme Montréal.

Notes de Simon Brault pour le forum Montréal, métropole universitaire, organisé le 4 février 2013 par les neuf universités de la métropole, de concert avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Une vidéo de la présentation peut être visionnée sur la chaîne YouTube de l’INRS.  

•    L’idée générale du projet « Montréal, métropole culturelle », articulée depuis plus d’une décennie par une constellation d’organismes et reprise et concertée depuis six ans par le Comité de pilotage du Rendez-vous Montréal, métropole culturelle que je préside et qui regroupe la Ville de Montréal, les gouvernements du Québec et du Canada, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et Culture Montréal, est simple. Il s’agit de faire appel systématiquement aux dynamiques de création, de production et de rayonnement des arts et de la culture pour repenser la façon de vivre dans la ville, pour la développer et pour la présenter au reste du monde.

•    L’essentiel de l’œuvre qui consiste à bâtir une métropole culturelle unique et différenciée sera toujours en bonne partie spontané, imprévisible, anarchique, désorganisé, éclaté et surprenant, comme la vie elle-même. C’est d’ailleurs cette énergie incontrôlée et irrésistible qui nous fascine et nous emporte quand on visite les métropoles culturelles les plus inspirantes du globe. Mais c’est aussi le mélange spécifique et authentique de la géographie, du climat, de l’histoire, du génie intrinsèque du lieu et de l’architecture, de l’organisation des rues et des places, de l’offre des institutions culturelles qui nous attire et nous invite à revenir dans ces villes.

•    Cela dit, les grandes métropoles culturelles modernes émergent aussi en grande partie parce qu’on parvient à planifier et à réaliser intelligemment certains équipements, certains aménagements urbains et parce qu’on met en place des programmes souvent avec l’appui des gouvernements supérieurs et du secteur privé.

•    Le concept de métropole culturelle à la montréalaise ne mise pas uniquement sur les grands projets, sur le centre-ville, sur une offre festivalière à grande échelle et sur un rayonnement international optimal des manifestations les plus convaincantes de notre création, mais il se traduit par des centaines d’initiatives de toutes tailles et envergures, et par l’éclosion d’une vie culturelle beaucoup plus riche à l’échelle de tous les quartiers. Le projet de métropole culturelle fait appel aux artistes et aux professionnels de la culture, mais il doit aussi être appuyé par le milieu des affaires, par le milieu communautaire, par l’école montréalaise, par la population et par les grandes institutions qui sont le véritable creuset de la créativité et de l’innovation. Dans les faits, dans la réalité quotidienne, les universités montréalaises sont des institutions-phares de la métropole culturelle mais on en parle trop rarement, notamment parce qu’elles revendiquent elles-mêmes trop peu cette responsabilité et parce qu’elles ne se vantent pas suffisamment de leurs remarquables et constantes contributions à cet égard.

•    J’ai déjà d’ailleurs fait remarquer à un de nos recteurs et à son équipe de direction à quel point il est fréquent qu’un artiste honoré par un prix ou une distinction – et je pense ici par exemple aux Prix du Gouverneur Général en art visuel, en littérature, en architecture ou en arts de la scène que j’ai souvent l’occasion de présenter depuis huit ans à titre de vice-président du Conseil des arts du Canada – ne mentionne même pas qu’il a pu atteindre les plus hauts niveaux d’excellence notamment parce qu’il est employé comme enseignant dans son université depuis des décennies, et que l’université elle-même n’en fait pas beaucoup de cas. Comme directeur de l’École Nationale de Théâtre, je peux vous assurer que nous ne passons jamais sous silence les nominations, prix et distinctions de nos diplômés, non pas parce que nous aimons particulièrement nous « péter les bretelles » mais parce que c’est là une façon simple, concrète et intéressante de rappeler notre raison d’être.

•    Mais au-delà de ces enjeux de communication, permettez-moi de pointer quelques-unes des contributions de nos universités qui sont absolument essentielles au développement d’une métropole culturelle capable de s’inscrire dans la durée, de se réinventer, de se renouveler et de répondre aux aspirations multiples et diversifiées de ses visiteurs, de ceux qui veulent s’y installer et par-dessus tout de ses citoyens de toutes origines et conditions.  Je ne donnerai pas de chiffres ni ne mentionnerai telle ou telle université car le temps manque… :

1.    Formation des artistes
2.    Formation des spécialistes et travailleurs culturels qualifiés sans lesquels les arts et la culture ne seraient pas produits, présentés, diffusés, mis en marché, financés, partagés, expliqués, mis en contexte, analysés, médiatisés et sans lesquels il n’y aurait ni compagnies artistiques, ni institutions culturelles. Ratio 1 artiste pour 5 travailleurs culturels au Canada  (620 000 emplois directs pour 130 000 artistes)
3.    Formation d’enseignants qui vont jouer un rôle clé pour la suite du monde
4.    Contributions à la compréhension et à la connaissance des enjeux fondamentaux du développement de l’art et de la culture grâce à la recherche fondamentale et appliquée. À cet égard Montréal n’a rien à envier à la plupart des grandes villes du monde. La constance, la profondeur et le rayonnement des recherches et études en sociologie de la culture, en économie de la culture, en médiation culturelle, en histoire de l’art, sont tout simplement fabuleuses. Comme praticien, je peux aussi témoigner de la volonté grandissante de rompre avec le syndrome de la tour d’ivoire qui coupe toutes les activités intellectuelles de haut niveau du changement social.
5.    Expérimentation et création artistiques présentées dans les salles de spectacles et galeries sur/hors les campus. Les universités ont une contribution importante et directe  à la qualité et la diversité de l’offre artistique et culturelle de Montréal.
6.     Reconnaissance et rayonnement international grâce aux innombrables réseaux dans lesquels s’inscrivent et qu’entretiennent les universités montréalaises (circulation des chercheurs, enseignants, étudiants, etc)
7.     Présence d’étudiants qui viennent hors de Montréal, du Québec ou du Canada et qui participent à la vie culturelle de la Métropole, en plus d’en parler souvent toute leur vie après leurs années d’étude
8.    Formation d’un public engagé dans la vie artistique et culturelle de la Métropole.

•    Permettez-moi de conclure en disant que dans tout le débat sur l’avenir de l’enseignement supérieur et la situation de nos universités, on entend abondamment parler dans l’espace public – et pour cause – de déficit, de fossé abyssal, d’argent, de rattrapage, de comparaisons avec le reste du Canada, de dépenses et d’investissements, de performance et de compétition  mais on entend vraiment trop peu parler de valeurs, de sens, de construction humaine, d’élévation, d’émancipation, de civilisation, d’éducation et de culture. Je crois sincèrement qu’il ne faut pas avoir peur de réclamer en toute légitimité votre inestimable contribution à l’édification d’une métropole culturelle dont le Québec ne saurait se passer s’il veut continuer d’être la société distincte, ouverte, moderne, inclusive et durablement prospère qu’il aspire à être. Merci.

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