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22.11.2012 ALLOCUTION – Culture et développement durable : visions et réflexions globales

Simon Brault était invité à titre de conférencier au colloque international « Culture et développement durable », organisé par le ministère français de la Culture et de la Communication et le ministère de la Culture et des Communications du Québec.

Ce colloque a rassemblé des chercheurs, des experts, des professionnels de la culture et du développement durable, des décideurs politiques et des représentants d’organisations internationales. Simon Brault a contribué à la discussion en présentant des pistes de réflexion pour favoriser une meilleure intégration de la culture dans les démarches de développement durable.

Extrait
Documents à télécharger:
Allocution Simon Brault, novembre 2012 (106 ko)

(…)

Mais, à l’évidence, personne n’avait envie d’en rester là. La répétition des argumentaires connus des nombreux groupes d’intérêt était un passage obligé, mais je crois que nous sommes parvenus à nous convaincre mutuellement de desserrer les freins pour entamer un débat sur la valeur de la culture comme vecteur essentiel du développement au 21e siècle, une conversation parfois laborieuse mais néanmoins facilitée par une bonne dose de bonne volonté.

Évidemment la bonne volonté ne suffit jamais. Mais sans elle, rien n’est vraiment possible.

Dès le départ, j’ai beaucoup insisté publiquement sur le fait qu’à trop vouloir rentabiliser la culture sur les plans économique et social, on risquerait de perdre de vue sa contribution fondatrice au développement humain. En effet, maintes fois appelée au chevet de communautés déstructurées par les grands  mouvements de capitaux, d’industries et de main d’œuvre propres à une économie mondialisée, la culture est devenue depuis quelques décennies un axe majeur des stratégies de régénération des territoires. Cependant, dans de trop nombreux cas, cette nouvelle légitimité économique et communautaire du secteur culturel va de pair avec une instrumentalisation débridée réduisant la finalité de la culture aux mouvements et transactions qu’elle peut générer ou faciliter. Ce faisant, on s’intéresse davantage à la contribution des arts, des lettres et du patrimoine au PIB qu’à leur valeur intrinsèque et à leur capacité de ré-enchantement de nos existences individuelles et collectives.

En réaffirmant que la création artistique doit être mieux protégée grâce à un soutien financier public, éclairé, constant et indépendant des forces du marché, Culture Montréal a pris soin d’inviter les artistes à s’ouvrir à une démarche initialement perçue par certains comme une possible autre parade de l’État pour se désengager de ses responsabilités culturelles spécifiques en les diluant dans ses autres missions, ou pire encore, en en abandonnant une partie au secteur privé et à la société civile.

Par ailleurs, en organisant des cafés citoyens ouverts à tous dans les quartiers de la métropole, nous avons adopté et pratiqué l’approche du bas vers le haut qui sied à l’esprit même d’un Agenda 21.

Ainsi nous avons articulé notre discours en intégrant et précisant certaines des lignes de force du mouvement international lancé à Barcelone en 2004 en faveur du développement d’agendas 21 de la culture :

•           La redéfinition des grands axes du développement culturel à partir des villes et des régions.

•           L’intégration des impératifs que sont les droits de la personne, la diversité des expressions culturelles et la démocratie participative aux plans de développement culturel.

•           L’urgence de trouver un point d’équilibre entre la vocation publique de la culture et son institutionnalisation.

•           La nécessité de limiter le rôle sans cesse croissant du marché comme décideur ultime de l’attribution des ressources culturelles.

•           La valorisation de l’initiative des citoyens (y compris les artistes, évidemment), pris individuellement ou réunis en associations ou en mouvements, comme gardienne de la liberté culturelle.

•           La nécessité de comprendre et intégrer les spécificités locales dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques et plans de développement culturel.

Par ailleurs, en plaidant sur toutes les tribunes qui nous étaient accessibles pour qu’à terme,  les missions traditionnelles de l’État soient réévaluées afin de s’assurer qu’elles intègrent la dimension culturelle, nous avons épousé – autant pour des motifs d’efficacité pédagogique que parce que nous sommes d’emblée solidaires avec ce mouvement mondial –  l’approche du « quatrième pilier du développement durable » au côté des trois piliers économique, social et environnemental.

(…)

Un peu plus

Culture Montréal est une organisation indépendante de réflexion et d’action qui contribue à édifier l’avenir de Montréal comme métropole culturelle, par des activités de recherche, d’analyse et de communication. Son mandat est d’affirmer le rôle central des arts et de la culture dans toutes les sphères du développement de Montréal : l’économie, les affaires, la politique, l’aménagement du territoire, l’éducation, la vie sociale et communautaire tout en favorisant la diversité culturelle, la relève, les pratiques émergentes et l’art public.

Merci à nos membres et à :

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Le français en scène. Projet de valorisation de la langue française.
Micro Culture, pour parler culture quartier par quartier
Agenda 21. Culture aujourd'hui demain.

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