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24.09.2012 REVUE DE PRESSE – Culture – Trouver l’élan

Josée Boileau, Le Devoir, 24 septembre 2012

 

Le gouvernement Marois a déjà une couleur : vert, pour son souci d’arrimer enfin le Québec aux incontournables défis environnementaux du xxie siècle. On aimerait tellement aussi qu’il trouve une cadence : celle de la musique, de la danse, de la poésie… Celle qui montrera que le gouvernement marche aussi au pas de la culture.

Quand Pauline Marois a annoncé qu’elle confiait à Maka Kotto le poste de ministre de la Culture et des Communications, elle a expliqué son mandat en deux temps : « soutenir la diffusion et le rayonnement de notre culture » et en « rapatrier les budgets » qui sont à Ottawa. C’était juste, mais bien désincarné.    Le problème n’est pas le rayonnement de notre culture — elle s’exporte sans mal, nous le constatons à répétition. Mais elle n’est pas intégrée à notre quotidien, accessible à tous à la grandeur du Québec, considérée comme aussi indispensable que des routes en bon état ou le centre sportif dernier cri. Nos élus n’en parlent pas, ou mal, ou seulement en termes d’argent. Les quelques mots prononcés par Mme Marois n’incitaient pas non plus à rêver.    Il y a néanmoins quelques signes d’espoir dans la manière dont le gouvernement est en train de s’installer. D’abord, Mme Marois a eu la bonne idée de distinguer langue et culture. La langue est un sujet délicat, qui peut facilement monopoliser les débats. Longtemps associée à notre passé, elle est plus que jamais liée à notre avenir. Il est donc logique que sa responsabilité soit maintenant confiée à Diane de Courcy, aussi ministre de l’Immigration. Maka Kotto pourra dès lors se concentrer sur le cœur de ses fonctions.    L’entourage qui se dessine autour de lui rassure aussi. La toute nouvelle sous-ministre, Rachel Laperrière, avant d’être directrice générale par intérim à la Ville de Montréal, y a longtemps été chargée du développement culturel. Elle est aussi passée par le Cirque du Soleil et les Métiers d’art du Québec. C’est une excellente nomination à laquelle s’ajoute celle, comme chef de cabinet, de Marc Drouin, venu du Conseil des arts et des lettres du Québec après être passé par le Centre des auteurs dramatiques et la Délégation générale du Québec à Bruxelles, où il était responsable du service culturel. Deux parcours de convaincus qui tranchent dans l’univers des gestionnaires de l’État.

Au mandat, aux personnes, il s’agit maintenant d’ajouter un élan, quelque chose qui marquera les esprits. Pour un Gentilly-2 qu’on ferme, qu’ouvrira-t-on sur le front culturel ?    Le Devoir a fait son choix, signalé par notre collègue Jean-François Nadeau samedi, dans sa chronique du cahier Livres. Il est plus que temps que le Québec adopte une politique du prix unique du livre, pareille à la France, à une foule de pays européens, au Japon, au Mexique… Comme le rappelait notre collègue, le réseau de librairies québécoises est d’une extrême fragilité, résistant mal à la concurrence des grandes surfaces qui n’ont d’autres priorités que la vente de best-sellers. Le prix unique casse ce cercle vicieux. Le Parti québécois s’est montré ouvert à l’idée, il serait bienvenu qu’il agisse. Là.    Autre nécessité : la relève. Il faut traîner les écoliers au musée, au théâtre, au concert, à l’opéra ; amener les danseurs, les conteurs, les peintres dans les écoles. Cet arrimage, chiffré à 45 millions de dollars, est prévu dans la plate-forme électorale du PQ. Soit. Alors, donnons-lui vite un coup d’envoi. Culture Montréal propose la tenue d’un « forum national sur l’éducation aux arts et à la culture et la citoyenneté culturelle des jeunes ». Idée riche, qui devrait se tenir sous l’égide de la première ministre. Là.

Nécessité encore que l’art fasse partie du paysage : fresques sur les murs, sculptures sur les terre-pleins, œuvres d’art dans la rue. Mais surtout de l’audace en architecture ! On bâtit des musées ou des salles de spectacle sur la base de concours, fort bien. Mais quand en fera-t-on autant pour les hôpitaux, les pavillons d’université ? Quand imposera-t-on des limites au grand n’importe quoi qui caractérise le bâti d’ici ? Quand un tour du Québec nous donnera-t-il autant un aperçu de notre vitalité culturelle que peuvent le faire les tournées internationales d’une troupe, d’un film ou d’un artiste ?

Ce serait là aussi, et puissamment, une façon « d’ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire du Québec », comme Mme Marois s’y est engagée en présentant son cabinet.

 

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« Culture – Trouver l’élan » Josée Boileau, Le Devoir, 24 septembre 2012

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/359864/culture-trouver-l-elan

 

 

 

 

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