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Les publications

27.02.2012 Revue de presse – «La culture doit se rapprocher des gens» – Simon Brault

Vincent Fortier, Journal Metro, 27 février 2012

En 10 ans, Simon Brault a vu se produire bien des avancées qui ont consolidé la réputation de Montréal, métropole culturelle. Le prochain défi? Aller rejoindre les gens dans leurs rues et leurs quartiers.

Il y a 10 ans aujourd’hui, Culture Montréal, une organisation indépendante de réflexion et d’action sur la culture dans la métropole, voyait le jour. Pour une rare fois, tous les acteurs de la culture s’assoyaient ensemble. «C’était un modèle unique au monde», indique Simon Brault, président de l’organisme depuis le début. Dix ans plus tard, Culture Montréal est devenu un joueur impossible à ignorer quand il est question des grands projets montréalais.

Métro s’est assis avec Simon Brault.

Est-ce qu’en 10 ans, les acteurs de la culture sont devenus plus ouverts, moins retranchés dans des chasses gardées?

Oui. Au début, quand Culture Montréal a été mis sur pied, les artistes disaient que la seule chose qui devait nous intéresser, c’était la défense des droits des artistes et la revendication de plus d’argent pour la culture. Nous avons dit que cette façon unilatérale de s’adresser aux gens menerait à un cul-de-sac. À cette époque, il y avait tellement d’enjeux (économie fragile, fusions municipales) qu’au jeu de qui fait le plus pitié, la culture n’allait clairement pas l’emporter. Aujourd’hui, on comprend qu’il faut être inscrit dans la ville avant d’être inscrit dans une discipline.

Nous sommes à mi-chemin du Plan d’action Montréal métropole culturelle 2007-2017. Quelles sont les avancées?

En 2007, il y avait une volonté de débloquer une foule de choses qui stagnaient, comme le Quartier des spectacles dont on parlait depuis 5 ans et la maison de l’OSM dont on parlait depuis 15 ans. Un autre enjeu qui revenait, c’était le retard de Montréal dans ses bibliothèques publiques. Un troisième héritage, peut-être moins spectaculaire, c’est qu’on a donné une grande place à la relève artistique. La tarte était divisée entre les grands acteurs établis, et la relève «chiquait la guenille». Il y a eu beaucoup de programmes d’accompagnement des jeunes. En 2007, c’était aussi la première présence spectaculaire du milieu des affaires dans un sommet montréalais sur la culture.

Cinq ans plus tard, on a fait du rattrapage, et Montréal est une des rares villes au monde où il n’y a pas eu de diminution du financement public et privé de la culture. L’année 2012 va s’organiser autour de trois grands thèmes : les quartiers culturels (comme les gens veulent une vie culturelle sur leur trottoir, il va y avoir un déferlement de ce qu’on appelle les microfestivals); le rayonnement international; et les modèles de financement (les petits festivals devront solliciter les épiceries, par exemple).

Pour Montréal, 2017 sera une année-clé. Que faudra-t-il faire pour que ça soit réussi sur le plan culturel?

Il faut tenir compte de tous les anniversaires qui seront célébrés. Évidemment, c’est le 375e de la Ville. Et le 50e de l’Expo, qui est important pour une grande partie de la population. Il faudra aussi tenir compte du 150e anniversaire du Canada. C’est clair qu’Ottawa va vouloir marquer ça avec des projets majeurs, et Montréal doit en bénéficier. Il faut axer la fête sur la modernité de la ville, ses attributs uniques, et il faut que ça implique les Montréalais de toutes les origines. Pour moi, ce n’est pas qu’une question d’argent, c’est aussi une question d’esprit.

Avec l’Agenda 21, vous avez dit souhaiter qu’on intègre l’art dans toutes les sphères de la société. Est-ce vu d’un mauvais œil par le contribuable?

Le contribuable est ouvert dans la mesure où ça veut dire quelque chose pour lui dans sa vie quotidienne. Il n’est pas ouvert à l’idée de construire d’immenses temples pour le théâtre ou l’opéra. Les gens veulent que la culture se rapproche d’eux, qu’elle soit présente dans leur quartier, leur rue.

Est-ce rentable de faire de l’art ainsi?

Il faut un calcul de la rentabilité qui soit social. Si on prend l’exemple des artistes qui rendent leur musique accessible et gratuite sur le web, ce n’est pas rentable sur le coup, mais ils vendent plus de billets par la suite parce que plus de gens ont entendu leur musique. On a d’abord l’accès, et le désir d’acheter vient ensuite. Ce qui s’est passé en musique va se produire dans plusieurs domaines. Les gens veulent d’abord expérimenter puis, s’ils aiment leur expérience, ils voudront acheter.

Est-ce que la rivalité entre Montréal et Toronto existe toujours?

 

Je pense qu’elle existe de façon moins spectaculaire qu’il y a quelques années. Mais il y a quelque chose de complémentaire entre Montréal et Toronto. Cette dernière est devenue une plateforme pour des artistes d’ici. Toronto est désormais une ville importante pour Montréal, et l’inverse est vrai. Je ne crois pas qu’aujourd’hui l’enjeu soit qu’on ait un festival de film plus gros que celui de Toronto, mais certaines choses qu’on fait, dans le domaine du film sur l’art par exemple, seront récupérées par Toronto. Cette ville importe énormément de culture. Or, nous, on en exporte beaucoup. On a un bel avenir en termes de rayonnement international. Et Toronto fait partie du plan d’exportation.

 

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««La culture doit se rapprocher des gens» – Simon Brault»

Vincent Fortier, Journal Metro, 27 février 2011

http://www.journalmetro.com/culture/article/1110616–la-culture-doit-se-rapprocher-des-gens-simon-brault–page0

 

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