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25.02.2012 Revue de presse – Danse, parole et cirque – «Oui, c’est plus facile à Montréal!»

Marie-Hélène Alarie, Le Devoir, 25 février 2012

 

Créer dans la métropole, puis exporter à l’étranger

Montréal possède ce petit je-ne-sais-quoi qui fait que d’y pratiquer son art devient soudainement plus facile et souvent très agréable. Trois grandes compagnies d’ici nous disent pourquoi.

Les Montréalais racontent leur Montréal. Pour les artistes du monde de la danse, du milieu des arts du cirque ou de celui de la prise de parole, la ville a beaucoup à offrir, et ils ont choisi de s’installer ici plutôt que n’importe où ailleurs.

La première fois qu’il danse, Sylvain Émard le fait dans le sous-sol d’une église montréalaise. Il est tout jeune et c’est son premier contact avec la danse en ligne, qu’on appelle aussi le continental. Depuis, il est devenu un grand danseur professionnel et il a fondé sa compagnie de danse contemporaine en 1987. Aujourd’hui, après plus d’une trentaine de créations, Sylvain Émard n’en démord pas: «Je songeais à faire quelque chose à partir de la danse en ligne, parce que je suis resté attaché à cette forme-là, et, chaque fois que je croisais des groupes qui dansaient dans des parcs ou dans des fêtes, j’étais toujours fasciné. Pourtant, on le sait, ce n’est pas toujours enlevant, la danse en ligne, mais il y a quelque chose d’intéressant à voir des gens qui se regroupent et qui cherchent à créer l’unisson dans le mouvement», raconte Sylvain Émard.

Cette curiosité pour la danse en ligne s’est traduite par la création du Grand continental lors de l’édition 2009 du Festival Trans-Amérique (FTA). Cette production de Sylvain Émard regroupait 65 danseurs amateurs. «À la base, le projet devait être un événement ponctuel, on ne prévoyait pas de suite. C’est une production qui demande beaucoup de travail, de préparation et d’encadrement, à cause du grand nombre de participants», raconte Sylvain Émard.

Mais, l’année suivante, on voit apparaître dans la programmation du FTA Le très grand continental… et, en 2011, Le continental XL! Plutôt que de disparaître, le projet prend de l’ampleur, avec de plus en plus de danseurs à chacune des nouvelles versions.

En 2010, Le grand continental s’aligne pour partir vers le Mexique. Avec 125 danseurs mexicains, Sylvain Émard remet ça: «Je voulais que cette version soit une rencontre entre le Nord et le Sud, sans savoir d’avance sur quel terrain on se rencontre.» Finalement, le projet trouve son écho à Mexico, même si là-bas la danse en ligne n’est pas vraiment pratiquée: «Pour que l’adaptation fonctionne et que les Mexicains puissent se reconnaître dans le projet, j’ai intégré des pas de danses folkloriques très populaires au Mexique. On a aussi travaillé avec un compositeur local qui comprenait très bien le projet.»

Que ce soit à Montréal ou à Mexico, partout où il passe, ce spectacle reçoit toujours un accueil chaleureux. Bref, un succès intercontinental!

Les phénoménales filles électriques

Vous connaissez Les filles électriques? Mais bien sûr, c’est cette compagnie qui organise chaque année depuis 10 ans le Festival voix d’Amérique. Toutefois, grand événement, le festival change de nom et devient PHENOMENIA: «Après 10 ans, on avait besoin d’un changement. Plus qu’auparavant, on travaille de façon interdisciplinaire, alors qu’au début on n’avait que le spoken word. Comme tout ça avait beaucoup évolué dans les dernières années, on se sentait un peu coincées avec le nom du festival, et on a donc fait notre coming-out et on dévoile maintenant notre vraie nature, qui est plus exubérante que ce qu’elle était auparavant», lance D. Kimm, une fondatrice des Filles électriques.

La compagnie n’organise pas seulement un festival, mais produit aussi des films, des disques et des performances avec des projections, et elle a toujours travaillé avec plusieurs artistes issus de différentes disciplines. Ce tournant interdisciplinaire est spécifiquement montréalais: «Ici, on ne fait pas que mêler les disciplines, mais on a développé une véritable façon de travailler où les disciplines s’interpellent, se contaminent et remettent tout en question, et ça, c’est vraiment montréalais.» Et D. Kimm sait de quoi elle parle puisque, après un séjour de six mois à New York, elle est à même de comparer: «Oui, c’est plus facile à Montréal, on a cette capacité de bouger vite.»

Si on compare Montréal à d’autres grandes villes, la culture n’y a pas de nombreuses possibilités de diffusion. Ça oblige à se renouveler constamment. Par exemple, en France, un artiste monte un spectacle et peut le rouler pendant deux ans. Ici, on fait souvent un spectacle pour un soir seulement, peut-être trois… et on recommence à travailler sur un nouveau. «Ça oblige à être polyvalent, inventif, et comme on n’a pas de gros moyens non plus, il y a beaucoup de collaboration entre les artistes: des prêts d’équipement, mais aussi des prêts d’idée, c’est très Montréal, tout ça.»

Ici, comme le milieu est très petit, la première motivation est souvent l’envie de travailler avec un artiste parce qu’on connaît et qu’on aime son travail. Comme le mentionne D. Kimm, «le moteur est souvent tourné vers la rencontre» et il arrive même qu’on crée un spectacle spécifiquement pour qu’y participe tel ou tel artiste. Dans un Montréal bilingue, on a deux cultures et donc «un champ imaginaire très vaste, ça nous nourrit beaucoup».

PHENOMENA, le nouveau festival des Filles électriques, sera orienté vers une poésie contemporaine, mais tout à fait archaïque: «On veut travailler la poésie de manière ancienne, faire comme Mélies ou les freak-shows, on veut mêler l’artisanal et les nouvelles technologies. J’aime le côté naïf des choses, le côté touchant et drôle aussi.»

Du cirque d’auteur

L’aventure des 7 Doigts de la main commence en 2002. C’est à son retour au pays, après un long exil avec le Cirque du Soleil, que Samuel Tétreault fonde la compagnie avec six autres doigts. D’ailleurs, la compagnie vient tout juste d’être honorée en recevant le prix pour la meilleure tournée au Canada et aux États-Unis, remis lors de la Bourse Rideau par le Conseil des arts et des lettres du Québec. Avec plus de 250 représentations par année depuis 10 ans, Les 7 doigts se sont promenés partout sur la planète. Mais c’est toujours avec bonheur qu’ils reviennent à Montréal.

Montréal est un milieu assez particulier pour les arts du cirque: la ville profite du dynamisme hérité du Cirque du Soleil. Cependant, le milieu est relativement jeune. Dans la foulée de l’École nationale du cirque (ÉNC) et du Cirque du Soleil naissent de petites compagnies de cirque qui doivent travailler pour se démarquer et s’affirmer. Dans le cas des 7 Doigts de la main, on peut dire «Mission accomplie»!

«Dès le départ, on a eu ce souci de mieux faire connaître la culture du cirque, d’affirmer aussi qu’il est possible de faire du « cirque d’auteur » et qu’il existe une foule d’initiatives qui viennent des artistes eux-mêmes, qui ont des choses à dire et qui les expriment par les arts du cirque. Nos créations sont le reflet de cette réalité cosmopolite et multiculturelle qui fait Montréal», explique Samuel Tétreault.

Chacune des créations de la compagnie s’ancre à Montréal. Plusieurs des doigts sont passés par l’ÉNC: «Moi, j’y ai appris tout ce qui a été la base de ma carrière en tant qu’interprète, mais aussi en tant que concepteur, metteur en scène et directeur artistique», renchérit Samuel Tétreault. Et, quand vient le temps de la création, Les 7 doigts répondent présents. Aujourd’hui des vétérans du cirque, ils n’hésitent pas à passer le flambeau à de jeunes artistes fraîchement diplômés… de l’ÉNC! Et voilà un modèle de création 100 % montréalaise!

 

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« Oui, c’est plus facile à Montréal! » Marie-Hélène Alarie, Le Devoir, 25 février 2012

http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/343550/danse-parole-et-cirque-oui-c-est-plus-facile-a-montreal

Pour consulter tous les articles du Cahier spécial CULTURE MONTRÉAL publié par Le Devoir, ou pour télécharger la version pdf : http://www.ledevoir.com/cahiers-speciaux/2012-02-25/culture-montreal

 

 

 

 

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