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Les publications

25.02.2012 Revue de presse – Dans la rue, comme sous terre et au musée – Nous sommes tous des médiateurs culturels

Marie-Hélène Alarie, Le Devoir, 25 février 2012

 

À retenir :

Festival La rue kitétonne, les 14, 15 et 16 juin 2012 (www.toxiquetrottoir.com)

Art Souterrain, du 25 février au 11 mars (Artsouterrain.com)

Musée de Lachine (www.museesmontreal.org)

 

Qu’est-ce que la médiation culturelle? On pourrait répondre qu’il s’agit tout simplement de la rencontre entre l’artiste, le citoyen et l’œuvre. Ici, tout est possible et sous des formes multiples. Trois initiatives qui ne laissent personne indifférent.

Dans un sens très large, on pourrait dire que nous sommes tous des médiateurs culturels, parce que, dès qu’on s’approche d’une production culturelle, on en devient le passeur, qu’on soit artiste ou spectateur. Mais certaines démarches artistiques poussent la rencontre qui autrement n’aurait pas lieu. L’art sort du musée, du théâtre, de la salle de spectacle et s’installe dans la rue et même parfois sous la rue… Parce que la vie sans art, c’est un peu moins la vie.

Dangereuses intoxications

Une histoire d’amitié de filles et de théâtre a rassemblé en 2004 Muriel de Zangroniz, Dominique Marier et Marie-Hélène Côté. Elles dirigent aujourd’hui Toxique Trottoir, une compagnie qui préfère le bitume aux salles de spectacle: «Avant la formation de Toxique Trottoir, chacune, dans son parcours, avait déjà commencé à toucher au théâtre de rue, à jouer dans l’espace public avec le vrai monde», explique Marie-Hélène Côté. Et, à ce jour, c’est encore ce qui motive les trois comédiennes, qui se sont donc tournées vers la rue pour créer leurs spectacles.

«Depuis longtemps, on rêvait de monter notre propre festival, de le faire avec le désir de mettre de l’avant, de promouvoir et de faire rayonner les arts de la rue.» Pour une troisième fois, cet été, Toxique Trottoir réalisera son rêve et dirigera le festival des arts de la rue La rue kitétonne. C’est au coeur de l’arrondissement de Rosemont-Petite-Patrie, sur les terrains Angus, qu’aura lieu cette édition du festival. Les années précédentes, il était présenté rue Masson: «Rosemont s’est présenté à nous tout simplement parce qu’on y a notre siège social, qu’on y a établi des liens avec des groupes communautaires et qu’on est très engagées dans le quartier, on s’y sent attachées ainsi qu’aux résidants.»

Ce projet s’enorgueillit de son double mandat de pouvoir présenter des artistes professionnels et de pouvoir aussi engager les citoyens. Le festival allie le culturel et le communautaire: «On a la prétention de dire que, même si un festival s’inscrit dans une communauté, ça n’empêche pas qu’il puisse avoir un rayonnement international», rappelle Marie-Hélène Côté. Et c’est un défi relevé, puisque la programmation cette année prévoit la venue de plus d’une centaine d’artistes d’ici et d’ailleurs, ainsi que de nouvelles créations de Toxique Trottoir.

Sous les pavés, l’art

Ahhh! La ville souterraine qui fascine tant et dont les étrangers entendent tellement parler avant même d’avoir posé le pied à Montréal. Frédéric Loury, directeur général et commissaire principal de l’exposition Montréal souterrain, l’admet d’emblée: «Si je n’avais pas été originaire de Paris, je n’aurais probablement pas envisagé un tel lieu.» Le seul bémol, c’est qu’une ville, pour exister, a besoin de culture, ce qui manquait cruellement à cette ville souterraine. Art Souterrain remédie au problème avec 140 projets d’artistes répartis sur un circuit de sept kilomètres.

Même si la ville souterraine se veut emblématique, elle n’est «qu’un dédale tentaculaire qui amène souvent les passants à s’y perdre, dit Frédéric Loury, même si ces lieux m’ont toujours intéressé par leur diversité et parce qu’ils ne sont surtout pas homogènes, ils ont tous une vocation différente.» Le circuit proposé par Art Souterrain passe par le complexe Guy-Favreau, qui est l’immeuble regroupant le plus de ministères au Canada. Il passe aussi par la Place Ville-Marie, dont l’architecte, Ieoh Ming Pei, est aussi le créateur de la Pyramide du Louvre. Il y a donc beaucoup d’histoire rassemblée dans ces lieux de passage, que souvent les passants ne remarquent même plus.

L’objectif visé par la présence des oeuvres d’art dans ces lieux, c’est de sensibiliser les spectateurs. Il y a plus de 350 000 personnes par jour qui passent par ces lieux et à qui on offre l’art. L’art qu’on sort de son contexte habituel et qui fait que, tout à coup, on se retrouve avec un projet de médiation culturelle. Avec Art Souterrain, on crée la rencontre avec le public en tentant de faire vivre l’expérience du médiateur culturel. «Le médiateur culturel est cet étudiant qui devient ambassadeur de l’événement. On lui offre une formation, puis on le met en relation avec l’artiste, et ensuite c’est cet étudiant, devenu guide, qui s’approprie le discours de l’artiste», explique Frédérique Loury. C’est l’expérience qu’on pourra vivre lors de la Nuit blanche, mais aussi lors des événements ponctuels tout au long du festival.

Les treize lunes des enfants

Au Musée de Lachine, l’art contemporain, l’histoire et l’archéologie se partagent les lieux… Vaste mandat pour un si petit musée! Et pourtant, il y a ici un gros brassage d’idées! «On travaille beaucoup avec les écoles, chaque année on essaie d’avoir un projet de médiation culturelle», explique Isabelle Lessard. Ces projets ont souvent une grande envergure et sont destinés à la clientèle des écoles, mais aussi au grand public. Ce qu’on souhaite le plus, c’est de créer un contact significatif entre les élèves et les artistes. Les subventions pour cette activité proviennent du programme Une école montréalaise pour tous, issu du ministère de l’Éducation, qui vise les écoles défavorisées de Montréal dans lesquelles il y a une forte clientèle multiethnique. Ce programme favorise aussi l’appropriation de notre histoire par les nouveaux arrivants.

Le projet de cette année se fait en collaboration avec le musée Pointe-à-Callière, le Lieu historique du commerce de la fourrure à Lachine et une artiste autochtone, Dolorès Contré-Migwans, originaire des Oji-bwés de l’Ontario. Cette artiste a travaillé longtemps avec le musée McCord et souvent avec les enfants. Le projet se nomme «Les Amérindiens et les créateurs des treize lunes». L’objectif est d’initier les enfants aux modes de vie traditionnels des Iroquoiens et des Algonquiens. On vient compléter les thèmes qu’ils voient dans le cadre scolaire. Toutefois, l’activité va plus loin et aborde la dimension des croyances, le langage symbolique ainsi que le temps vu par les Amérindiens et le calendrier des treize lunes.

Après des visites aux musées et des activités en classe, les enfants arrivent au musée et chacun des groupes va contribuer à une création artistique représentant chacune des lunes du calendrier. Les matériaux utilisés varient pour que chacune des lunes possède sa personnalité. On utilisera tant des pierres que du pastel ou des collages. L’équipe du musée se charge ensuite de faire le montage de l’oeuvre, qui sera exposée durant tout l’été, mais elle ne manque pas d’organiser un vernissage pour tous les artistes en herbe.

«Ce type de projet marque beaucoup les enfants, ils reviennent en été. Ils gardent des images fortes de ce qu’ils ont vécu, parce qu’il y a une rencontre véritable. On les revoit, puisqu’ils reviennent avec leurs parents lors de la Journée des musées», conclut Isabelle Lessard.

 

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« Dans la rue, comme sous terre et au musée – Nous sommes tous des médiateurs culturels »

Marie-Hélène Alarie, Le Devoir, 25 février 2012

http://www.ledevoir.com/culture/actualites-culturelles/343553/dans-la-rue-comme-sous-terre-et-au-musee-nous-sommes-tous-des-mediateurs-culturels

Pour consulter tous les articles du Cahier spécial CULTURE MONTRÉAL publié par Le Devoir, ou pour télécharger la version pdf : http://www.ledevoir.com/cahiers-speciaux/2012-02-25/culture-montreal

 

 

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