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26.11.2011 Revue de presse- Le maire des petits pas

François Bourque, Le Soleil, 26 novembre 2011

Extrait

(…)

Monsieur Tremblay, accepteriez-vous une dernière question?

Il y a répondu pendant 20 minutes. Je l’aurais cru pressé d’en finir, mais ce fut bientôt lui qui a relança la conversation.

Il a fait le bilan de ses 10 ans à la mairie, convaincu d’avoir «rétabli» la démocratie et les finances de la Ville.

Il m’a fait remettre la brochure d’Union Montréal. On l’y voit en couverture, devant les gratte-ciels et le mont Royal, les bras tendus et les mains ouvertes, comme s’il voulait montrer la grosseur du poisson

C’est lui qui a parlé de Québec.
– On nous compare souvent, a-t-il remarqué.
– Je sais que ça vous agace, lui ai-je glissé, compatissant.
– Non, ça ne m’agace pas, m’a-t-il interrompu, visiblement agacé. Ça ne m’agace pas, mais ça mine d’une certaine façon ma crédibilité. Ça, ce n’est pas correct. Les villes ne se comparent pas.
On a mis le doigt dessus.

La chef de l’opposition, Louise Harel, confesse «de l’envie pour Québec», qu’on «courtise» parce qu’il ne vote pas toujours du même bord.

Elle croit que Montréal n’obtient pas ce qu’il devrait. Elle espère maintenant que la ville aura pour son 375e anniversaire «autant de soutien que Québec pour son 400e».

Difficile de comparer les villes. Le maire Tremblay a raison. Leur taille, le trafic, la diversité, les structures décentralisées de Montréal. Rien ne se compare.

Surtout pas le style des maires. Pas sûr, d’ailleurs, que le maire Tremblay y perdrait toujours.

À un bout de la 20, un maire pressé pour tout; à l’autre, la stratégie des petits pas.

Un maire omniprésent qui bouscule et affronte; l’autre conciliant et ne voulant déplaire à personne, fuyant la controverse. Le maire du «je ne savais pas».

L’un règne sans partage, l’autre en «démocrate», mais insaisissable et tenté par la dernière opinion qu’il entend.

À la séance du conseil, lundi soir, le maire Labeaume a sommé ses indignés de partir.

Le même soir, M. Tremblay a invité les siens à partir «la tête haute» et les a rassurés: «Ce n’est pas dans mon tempérament de fixer des ultimatums.»

La Presse, ce matin-là, a écrit comment Occupons Montréal avait été pris à son propre jeu, squatté par des toxicomanes, des sans-abri et des déséquilibrés. «Montréal n’est pas une ville comme les autres, a expliqué M. Tremblay. Le dialogue, c’est ça qui est important.»

Le lendemain matin, Québec a vidé le jardin Saint-Roch pendant que les indignés du square Victoria dormaient à poings fermés.

Le maire Tremblay «n’a pas de colonne vertébrale», accuse Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, deuxième opposition.

«Il gagne de petites batailles, mais pas les grandes. Il faut se battre. Labeaume se bat.»

Il m’a pourtant semblé que le style conciliant de M. Tremblay pouvait mieux convenir à la diversité et aux fractures politiques de Montréal. Un maire coup-de-poing braquerait ses voisins et ne pourrait qu’envenimer les choses.

Le «style Labeaume» ne pourrait pas marcher à Montréal, croit Louise Harel.

Le problème n’est pas que M. Tremblay soit conciliant, c’est qu’il est un «lieutenant-gouverneur».

«Très aimable, très gentil et excellent pour la représentation.» Mais il donne «l’impression de ne jamais être concerné lorsqu’un problème survient».

Le président de Culture Montréal, Simon Breault (sic), a parfois dénoncé la lenteur de Montréal, le «blues de l’immobilisme», la ville «engluée dans le cynisme». Mais il croit aussi aux consensus.

«À Québec, les shots sont callées par le maire; ici, c’est un leadership d’adhésion plutôt qu’un leadership de déclaration. C’est un autre modèle de gouvernance.»

«Le maire Tremblay a fait ce qu’il fallait faire», pense Pierre Bellerose, vice-président de Tourisme Montréal.

«La ville va très bien, les meilleures années qu’on a jamais eues. Le style du maire n’a pas eu d’impact; ce n’est pas un handicap.»

(…)

 

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« Le maire des petits pas »
François Bourque, Le Soleil, 26 novembre 2011

 

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/francois-bourque/201111/25/01-4471748-le-maire-des-petits-pas.php

 

 

 

 

 

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