Culture Montréal / Les activités / Colloques / COLLOQUE – L’Économie des arts en temps de crise

Les activités

20.11.2009 COLLOQUE – L’Économie des arts en temps de crise

Culture Montréal, avec la collaboration de l’ARUC, les crises financières dans le secteur des arts : prévenir plutôt que guérir et la Chaire de gestion des arts Carmelle et Rémi-Marcoux, HEC Montréal, organisent une matinée sur les conséquences de la crise économique pour le secteur de la culture au Québec.

Le vendredi 20 novembre 2009, de 8 h 30 à 12 h 30
HEC Montréal, Amphithéâtre IBM
3000, chemin de la Côte-Sainte-Catherine
 
COMPTE-RENDU

Accédez à la galerie photos de l’événement

Plus de 150 personnes ont assisté au colloque l’Économie des arts en temps de crise, organisé par Culture Montréal avec la collaboration de l’ARUC, les crises financières dans le secteur des arts : prévenir plutôt que guérir et la Chaire de gestion des arts Carmelle et Rémi-Marcoux, HEC Montréal.

Ce rendez-vous important visait à rendre compte de la situation financière des organismes culturels au Québec, au Canada et en Angleterre dans un contexte de crise économique, et à explorer différentes pistes de solution pour leur santé financière durable.

De nombreux représentants du secteur culturel, des gestionnaires du secteur privé, des enseignants, des élus, des spécialistes en économie ainsi que plusieurs travailleurs de l’administration publique ont pu prendre le pouls du secteur culturel par le biais d’études sectorielles réalisées dans le courant de l’année.

Ainsi, les présentations de Monsieur André Courchesne, directeur au développement des affaires à la Chaire de gestion des arts HEC Montréal et Madame Johanne Turbide, chercheuse principale de l’ARUC, les crises financières dans le secteur des arts : prévenir plutôt que guérir; de Claire Hopkinson, directrice générale du Toronto Arts Council (Ontario) et de John Nicholls, fondateur et associé, Arts Quarter (Grande-Bretagne) ont permis de mieux comprendre la perception qu’entretiennent les gestionnaires culturels quant aux effets à court, moyen et plus long terme de la crise économique, ainsi que d’identifier les moyens qu’ils comptent prendre pour y faire face.

Au Québec, les organismes culturels à but non lucratif affichent une certaine ambivalence quant aux conséquences réelles de cette crise sur le financement autonome : 36 % d’entre eux prévoient que l’ensemble de leurs revenus autonomes et privés seront en hausse alors que près de 27 % prévoient qu’ils seront en baisse. Enfin, 29 % des répondants estiment que ces revenus seront du même ordre que lors de leur dernier exercice financier complété. Toutefois, les organismes ayant un chiffre d’affaires de plus de 1M$ entrevoient, dans une plus large proportion, une diminution marquée de leurs revenus autonomes et privés – une baisse s’expliquant surtout par une diminution attendue des dons et des commandites en provenance du secteur privée. Cette tendance est aussi observable, et encore plus marquée, chez nos voisins de l’Ontario et en Angleterre, où le financement privé est l’une des principales assises de la santé financière des organismes culturels.  Comme Johanne Turbide l’a fait remarquer, les organismes culturels québécois démontrent peut-être une meilleure résilience pour traverser la crise, et ce grâce au soutien de l’État en matière de culture.

Ici comme ailleurs, le portrait n’est pas tout rose : au Québec, 23 % des organismes culturels québécois de petite taille (chiffre d’affaires de 250 000 $ et moins)  disent attendre une diminution importante de leurs revenus autonomes et privés au cours de la prochaine année. Les solutions à court terme envisagées par les organismes pour contrer cette baisse de revenus sont, entre autres, la réduction des dépenses, la réduction du personnel, le report du recrutement de nouvelles ressources, la demande de fonds auprès des bailleurs de fonds publics et, dans certains cas, une fermeture provisoire (10 %) ou permanente (4 %) – des réponses pour le moins inquiétantes. Toutefois, une des solutions envisagées à plus long terme pour rétablir la santé financière des organismes culturels est la hausse de la diffusion et du rayonnement des œuvres – un preuve encourageante d’optimisme, de proactivité et de résilience.

De leur côté, Claire Hopkinson (Ontario) et John Nicholls (Angleterre) disent craindre de nouvelles coupes dans le financement public aux arts, qui viendraient nuire encore davantage à un secteur culturel fragilisé par la crise économique actuelle.

En deuxième partie de la rencontre, les participants ont eu droit aux témoignages éclairants de trois gestionnaires culturels d’expérience, qui ont chacun présenté leur vision et leurs solutions d’avenir pour la santé financière des organismes culturels.

Monsieur Denis Bergeron, directeur de la diffusion à Consortium Art Circulation a décrit les avantages de la mise en place de véritables partenariats et de mises en commun des ressources entre organismes culturels. Le Consortium Art Circulation représente 5 compagnies de danse québécoise et travaille au développement des tournées à travers le monde. En se regroupant, les compagnies ont pu profiter des services d’un « développeur » professionnel rétribué convenablement (le manque de ressources provoque souvent une précarité de ce poste de travail) et ainsi tirer partie de nouvelles niches et de nouveaux marchés.

Monsieur Antoni Cimolino, directeur du Shakespeare Stratford Festival, a surpris les participants par la structure de financement et le mode de gestion unique de ce grand événement : à peine 5 % des revenus proviennent des fonds publics. Pour réussir ce tour de force, le Festival a élaboré une politique de prix et de gestion de salle extrêmement souple, évoluant rapidement en fonction de l’offre et de la demande. Le « yield management », qui s’apparente au modèle de prix dynamique utilisé par les transporteurs aériens, se fonde sur une profonde connaissance des publics, de leur comportement en matière de consommation et des techniques de marketing particulièrement ciblées, aptes à les rejoindre

Monsieur André Marion, directeur général du Musée d’Art contemporain des Laurentides, a fait valoir que la taille d’un organisme culturel n’est pas nécessairement tributaire de celle de son financement privé ! À l’instar de cette institution, les « petits » peuvent aussi profiter des commandites et dons des entreprises. Un programme tel que Placement Culture, soutenu par le gouvernement québécois, s’avère un incitatif important dans la création d’un fonds de dotation, lequel aide à assurer la pérennité des organismes culturels.

Bref, ce fut une matinée fort enrichissante à laquelle plusieurs participants ont prié Culture Montréal de donner suite… Rendez-vous l’an prochain, pour une mise à jour ?

Documents à télécharger:
Notes biographiques – colloques (2009-11-20) (241 ko)
Etude – L’Economie des art en temps de crise (2009-11-20) (756 ko)
Etude – Impacts of the recession on the UK Cultural and not-profit Sectors (2009-11-20) (795 ko)

Un peu plus

Culture Montréal est une organisation indépendante de réflexion et d’action qui contribue à édifier l’avenir de Montréal comme métropole culturelle, par des activités de recherche, d’analyse et de communication. Son mandat est d’affirmer le rôle central des arts et de la culture dans toutes les sphères du développement de Montréal : l’économie, les affaires, la politique, l’aménagement du territoire, l’éducation, la vie sociale et communautaire tout en favorisant la diversité culturelle, la relève, les pratiques émergentes et l’art public.

Merci à nos membres et à :

Je deviens membre.
Le français en scène. Projet de valorisation de la langue française.
Micro Culture, pour parler culture quartier par quartier
Agenda 21. Culture aujourd'hui demain.

Culture Montréal est membre de :

  • Les Arts et la Ville
  • Bureau du Cinéma et de la Télévision du Québec
  • Chambre de commerce du Montréal métropolitain
  • Coalition canadienne des arts
  • Conseil des relations internationales de Montréal
  • Diversité Artistique Montréal
  • Héritage Montréal
  • Le Réseau des conseils régionaux de la culture