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21.01.2009 Éditorial – Budget fédéral 2009 : Investir en culture pour répondre à la récession

En vue du Budget fédéral 2009, Simon Brault, président de Culture Montréal, signe une lettre d’opinion soulignant l’impact majeur de l’investissement en arts et culture pour stimuler l’économie canadienne.

Il y a deux semaines, le nouveau ministre du Patrimoine canadien, l’honorable James Moore, était de passage à Montréal dans le cadre d’une tournée pancanadienne. Les acteurs du secteur artistique et culturel qui l’ont alors rencontré ont évoqué la remarquable efficacité des dépenses et investissements en arts et en culture en période de récession économique. À moins d’une semaine de la présentation d’un budget fédéral qui sera jugé selon sa capacité à stimuler l’économie nationale, nous estimons utile d’y revenir.

Affirmons-le tout de go : utiliser le potentiel économique du secteur culturel dans la relance économique nationale en se contentant de maintenir les budgets actuels serait une erreur. Ce potentiel est bien plus grand : hautement intensive en main-d’oeuvre, très peu friande de biens et services importés et présente sur l’ensemble du territoire canadien, l’activité culturelle est singulièrement apte à réduire les délais entre l’attribution de crédits et les dépenses en résultant, permettant ainsi de contribuer immédiatement à la relance de l’économie. Voilà pourquoi il importe d’investir des fonds supplémentaires non seulement dans l’infrastructure culturelle et patrimoniale, mais aussi dans l’activité culturelle elle-même, soit la formation, la création, la production, la conservation, la diffusion et l’exportation.

La semaine dernière, les ministres des provinces se sont entendus avec le premier ministre Stephen Harper sur certains points à considérer lors de l’élaboration d’un plan de relance. On a insisté sur l’importance de nouveaux investissements publics majeurs, afin d’appuyer l’économie à court terme et de la préparer aussi aux défis à long terme. Investir dans les projets d’infrastructure, débuter rapidement les travaux qui peuvent l’être et accélérer le financement de projets d’infrastructure; ainsi que soutenir les travailleurs et les personnes sans emploi sont des priorités communes d’intervention.

Comparé aux autres secteurs économiques, celui des arts et de la culture a la capacité de répondre très rapidement aux impératifs précités. Premièrement, une dépense publique additionnelle dans ce secteur, qui comptait en 2006 près d’un demi-million de travailleurs, est une mesure excellente pour soutenir rapidement et développer efficacement des emplois à l’échelle du pays. À l’instar de plusieurs secteurs à forte densité de savoir, le dynamisme du milieu culturel repose avant tout sur l’effort fourni par des personnes dans le cadre d’un travail axé sur la créativité. Plus encore, ces dépenses constituent un investissement de grande valeur, dans la mesure où elles contribuent à la pérennité d’une expertise hautement recherchée et exportable.

Deuxièmement, l’impact maximal sur l’économie canadienne résultant d’investissements en arts et culture s’explique aussi par le fait que l’essentiel des biens et services consommés par ce secteur sont domestiques. En effet, au Canada, les spécialistes de chaque discipline et pratique, tout comme les équipements liés de près ou de loin à la création, à la production et à la diffusion, sont respectivement formés et produits ici même dans la majorité des cas. Présent partout au Canada, de Montréal à Vancouver en passant par Stratford, Moncton, Saskatoon et Kamloops; hautement organisé et ingénieusement structuré; soutenu à l’échelle fédérale par des programmes normés et éprouvés; le milieu artistique et culturel est également en mesure de mettre immédiatement en œuvre des projets concrets n’ayant pu être réalisés jusqu’à maintenant, faute de fonds. Il devient donc évident qu’investir massivement dans ce secteur contribuerait à accélérer la circulation monétaire, un impératif en période de récession, et à augmenter l’apport de ce secteur au PIB, apport évalué en 2007 à 7,4 %.

Enfin, rappelons que les dépenses publiques soutenant l’exportation d’œuvres et des produits culturels canadiens, ainsi que les mesures favorisant les projets de coproduction internationale, pourraient encourager significativement l’emploi dans ce secteur, favoriser l’entrée de devises et augmenter la valeur ajoutée de la production culturelle, en permettant entre autres d’introduire des capitaux étrangers dans des entreprises et organisations canadiennes.

En bref, l’organisation et la nature même des activités du secteur culturel permettent d’avoir un impact rapide et efficace sur l’économie canadienne. Tout accroissement de dépenses publiques en culture est rapidement dépensé en salaires et en consommation de produits et services domestiques, et entraîne un regain de dynamisme économique et l’amélioration de la qualité de vie dans les communautés! C’est aussi une façon de miser sur un secteur d’avenir et d’affirmer la présence internationale du Canada dans un marché hautement compétitif. Et cela demeure un moyen porteur d’insuffler aux villes et aux localités le dynamisme, l’espoir et cette dose d’inspiration individuelle et de confiance sociale que procurent la fréquentation des arts et la participation culturelle.

Il est donc légitime et souhaitable que le budget du 27 janvier prochain contienne des annonces de dépenses et d’investissements majeurs pour le secteur culturel canadien, et, conséquemment, pour notre économie qui en a plus que jamais besoin.

 

Simon Brault,
président  Culture Montréal

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