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08.11.2008 Éditorial – Campagne électorale québécoise 2008 : accélérer le développement de la métropole culturelle du Québec pour se préparer à la sortie de crise

Lettre de Simon Brault, président de Culture Montréal, lors de la campagne électorale québécoise 2008.

C’est sur fond de crise financière internationale aiguë et de récession imminente que les citoyens du Québec s’intéresseront progressivement aux élections qui auront lieu le 8 décembre prochain. Or, si la prédominance du thème de l’économie semble d’ores et déjà établie, il faut souhaiter que cette campagne soit conséquemment l’occasion de mettre en évidence et d’optimiser le rôle de la métropole comme moteur de développement pour l’ensemble du Québec.

En effet, il faudra s’assurer que la portée des engagements, mesures et  programmes proposés par les divers partis politiques pour contrer les effets immédiats du ralentissement économique soient mesurée à l’aune d’une vision globale de l’évolution économique, sociale, environnementale et culturelle du Québec à l’ère d’une mondialisation de plus en plus exigeante et complexe.

Or, une telle vision ne peut certainement pas ignorer l’immense potentiel des secteurs à forte densité de « savoir » et hautement axés sur l’innovation, la recherche et la créativité, comme les communications, les services aux entreprises, le génie, les services de gestion, la production énergétique, l’aérospatiale, le pharmaceutique et, bien sûr, les arts et les industries culturelles.

Déjà en bonne partie dotée des infrastructures, des ressources et du talent nécessaires au déploiement intensif de ces activités, Montréal, à l’instar d’autres métropoles, a choisi de faire fructifier ses actifs pour tirer son épingle du jeu à l’échelle régionale et continentale et augmenter sa présence sur l’échiquier mondial. C’est ce choix largement partagé qui explique des percées et des succès  dans tous les domaines dont s’enorgueillit l’ensemble des Québécois.

En misant encore davantage sur la densité et la diversité de sa population;  sur la synergie de ses quatre universités et de plusieurs grandes écoles réputées; sur ses institutions culturelles et ses compagnies artistiques, capables de briller ici et à l’international; et sur le dynamisme, l’audace et le savoir-faire de son économie dite «créative», Montréal vise à faire partie de la cohorte des villes ayant le potentiel de stimuler et d’accélérer fortement le développement de leur territoire d’appartenance et d’influence immédiate.

Évidemment, ici comme ailleurs dans le monde, l’émergence et la consolidation de ces métropoles du 21ième siècle présupposent un appui prioritaire,constant et intelligent de la part des gouvernements.

Tout récemment, soit en juin dernier, le gouvernement du Québec reconnaissait formellement Montréal comme la métropole du Québec et concluait avec la Ville une entente pour l’amélioration du fonctionnement de l’agglomération montréalaise. Cette reconnaissance politique, symbolique et administrative du rôle et des besoins particuliers de Montréal répondait à une demande insistante de ses élus et de la société civile. Mais elle marquait surtout un point de rupture avec une attitude de déni de l’importance de doter le Québec d’une métropole internationale en dépit du fait qu’elle ne soit pas la capitale politique et qu’un certain pragmatisme électoral favorise trop souvent un discours dans lequel les régions sont orphelines d’une métropole. Il convient donc de saluer cette avancée et de faire la démonstration qu’elle participera pleinement à la croissance de Montréal, de la capitale et des régions du Québec.

Montréal, métropole culturelle

Si plusieurs conditions doivent être réunies pour faire de Montréal une métropole-phare  de ce siècle naissant, il est de plus en plus accepté que la trajectoire de la métropole du Québec passe obligatoirement par l’affirmation et le renforcement de son destin et de son statut de métropole culturelle.

En effet, alors que tant d’autres villes, partout dans le monde, choisissent les arts et la culture comme vecteurs privilégiés d’un nouveau développement et comme emblème d’une identité ou d’une personnalité qu’il s’agit d’affirmer et de décliner stratégiquement pour atteindre des niveaux plus élevés d’attractivité et de rayonnement, Montréal peut non seulement faire aussi ce choix, mais plus encore, elle peut en faire très rapidement un des leviers les plus efficaces du redéploiement de son économie. Par ailleurs, c’est d’abord à Montréal que se joue l’avenir de la création, de la production, de la diffusion et du partage d’une culture québécoise originale, authentique et moderne — une culture constamment reconfigurée au creuset de l’interculturalisme et dans un espace public où le français est la première langue de communication. Montréal est donc à la fois confrontée aux enjeux culturels et sociaux interpellant toutes les grandes villes cosmopolites et à sa propre spécificité et responsabilité comme métropole du Québec.

Ces constats ont inspiré, mobilisé et coalisé les 1300 participants provenant de tous les secteurs d’activités de la ville réunis lors du Rendez-vous novembre 2007 – Montréal, métropole culturelle dont nous célébrons cette semaine le premier anniversaire. Le plan d’action 2007-2017 qui a alors été avalisé a suscité l’enthousiasme et enclenché de nombreuses initiatives au niveau des travaux d’infrastructures, de la bonification de l’offre artistique et culturelle de la ville, du financement et de la démocratisation culturelle.

À l’occasion d’une campagne électorale forcément axée sur l’économie, Culture Montréal réitère donc l’importance du rôle de la métropole économique et culturelle du Québec en publiant une plate-forme rappelant la double réalité des arts et de la culture comme secteur d’activité spécifique et comme dimension essentielle du développement de la cité. Ce faisant, nous interpellons tous les candidats et partis politiques qui sollicitent la confiance des citoyens pour qu’ils s’engagent à favoriser la consolidation d’une métropole dont le Québec ne devrait absolument pas se priver.

En invitant le futur gouvernement à accélérer la réalisation du Quartier des spectacles et autres projets d’infrastructures culturelles, à investir davantage dans la création et la production artistiques, à soutenir efficacement notre industrie culturelle ou à faciliter le rayonnement international de nos artistes et de leurs créations, nous plaidons d’abord  pour doter la métropole et tout le Québec d’un supplément d’âme, d’une identité renouvelée et d’une meilleure qualité de vie individuelle et collective, mais nous plaidons aussi en faveur d’un développement économique réel, enraciné et durable.

 

Simon Brault,
président Culture Montréal

 

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