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15.10.2006 ALLOCUTION – Concurrence et solidarité au sein du milieu culturel

Dans cette allocution prononcée lors de l’Assemblée générale du regroupement québécois de la danse, Simon Brault réfléchit à la dynamique entre concurrence et solidarité au sein du milieu culturel. « En cherchant à se solidariser dans un élan vers les citoyens, on peut penser que les citoyens se solidariseront à leur tour avec nous. Je crois sincèrement que cette approche est prometteuse. »

Mesdames et messieurs, bonjour,

Lorsque Lorraine Hébert m’a téléphoné au début du mois de septembre pour m’inviter à vous adresser la parole, elle m’a dit : « Simon on voudrait que tu traites d’un thème qui va vraiment t’intéresser et qui te convient tout à fait. On souhaite que tu réfléchisses à la dynamique entre concurrence et solidarité au sein du milieu culturel. »

Vous vous en rendez compte : j’ai cédé à Lorraine et à Anick parce que ce thème m’interpelle en effet. J’ai aussi accepté, en quelque part, parce que mes rencontres avec des artistes et des administrateurs issus du milieu de la danse se multiplient à un rythme étrangement élevé depuis quelques années et que ces rencontres m’enrichissent énormément. En effet, je travaille maintenant presque quotidiennement depuis 2 ans avec la formidable Karen Kain au Conseil des arts du Canada, Conseil qui est par ailleurs maintenant dirigé par Robert Sirman avec qui j’ai collaboré pendant 15 ans alors qu’il dirigeait l’autre grande école nationale, l’École nationale de ballet établie à Toronto. J’ai aussi eu récemment l’occasion de coopérer étroitement avec Édouard Lock dans son rôle de porte-parole de la coalition canadienne des arts. Évidemment, je croise et recroise Anick alors que nous portons chacun nos différents chapeaux professionnels.

Ainsi, au détour d’une conversation, j’apprends souvent quelque chose de plus sur un monde que je ne pouvais auparavant qu’observer de ma position de spectateur. Et le respect, sinon l’admiration, que j’éprouvais pour la discipline, la ténacité et l’éthique de la performance dont font manifestement preuve celles et ceux qui se consacrent à la danse, ne fait que croître à leur fréquentation.

C’est donc en toute modestie, intimidé en quelque sorte, que je prends la parole ce midi. Vous n’apprendrez rien de moi sur votre réalité parce que je la connais trop mal, parce que je l’idéalise sans doute, parce que je ne retiens vraiment que ce qui est incandescent dans la grisaille, parce que je m’attache « comme un fan fini » à certains de vos leaders et surtout, parce que j’ai tendance à écouter les plaintes que vous formulez parfois et les descriptions des difficultés que vous vivez et à les transformer en arguments supplémentaires pour nourrir tous ces combats à mener pour que l’art ait un jour pleinement droit de cité, pour lui-même et en lui-même, et pour son pouvoir de transformation individuelle et sociale, pour son œuvre de civilisation.

Parlant de civilisation justement; je crois que nous pouvons affirmer que le réflexe de solidarité est une caractéristique fondamentale de l’humanité.

La possibilité d’une inclination à la solidarité est à la base de notre capacité relative de vivre en société. Mais l’état de solidarité est constamment mis à l’épreuve, hypothéqué, altéré, compromis et même remis en cause par le phénomène de la concurrence qui s’exprime précisément par la compétition, par l’exacerbation de l’individualisme et par la privatisation à outrance des enjeux et des gains reliés au développement ou à la croissance de la richesse.

L’état de solidarité est donc par définition passager, en équilibre précaire. Certains parlent même de l’utopie de la solidarité, mais… que serions-nous au juste sans utopie?

La solidarité a besoin d’un déclencheur. Son processus d’activation fait référence à nos sensibilités, à notre volonté d’engagement et à notre désir de s’associer au destin d’autres être humains.

L’état de solidarité nécessite qu’on y réfléchisse, qu’on y travaille, qu’on l’entretienne, qu’on l’actualise en prenant en compte la conjoncture sinon l’évolution dans laquelle on s’inscrit. L’état de solidarité ne se décrète, ne se gère pas ni ne se fige dans la durée grâce à des structures institutionnelles, mais il se cultive et parfois se cristallise, malheureusement souvent dans les situations de crise.

Le milieu culturel est-il plus ou moins enclin à la solidarité que d’autres milieux? Je ne sais pas vraiment, on pourra en parler tantôt, mais chose certaine, il traverse régulièrement des crises, ce qui veut dire qu’il a plus souvent qu’à son tour l’occasion de pratiquer la solidarité.

Est-ce que le milieu de la culture cultive son état de solidarité? Il me semble que c’est une vraie question qu’on peut se poser comme milieu ou comme sous-ensemble de ce milieu.

Mais pour éviter de tomber pas dans un angélisme aussi réconfortant que sans conséquence réelle, il me semble qu’il faut commencer par appréhender en toute lucidité les facteurs de concurrence et de compétition qui affectent, influencent et parfois déterminent les comportements du milieu auquel on choisit d’appartenir pour toutes sortes de raisons qui relèvent à la fois du désir de solidarité et de la volonté de pouvoir participer à une concurrence obligée, systématisée et parfois même valorisée.

Vous le savez mieux que moi, le milieu de la danse, à l’instar des autres sous-ensembles du milieu artistique professionnel, est traversé, modulé et constamment redéfini par des phénomènes qui relèvent de la concurrence et de la compétition.

S’il faut refuser de porter des jugements moraux simplistes et résister à la tentation d’élaborer une nomenclature de phénomènes qui relèveraient tantôt de la supposée saine concurrence et tantôt de la soi-disant concurrence déloyale, il faut que nous nous arrêtions aux effets de cette concurrence érigée en mode de développement.

Permettez-moi donc de nommer et de commenter d’une façon un peu provocante un certain nombre de phénomènes de concurrence avec lesquels on compose quotidiennement quand on appartient à ce beau milieu :

1. Un accès au financement public, toujours trop pingre, qui est fondé sur des systèmes de compétition plus ou moins sophistiqués selon les instances de financement et les ordres de gouvernements. Surtout lorsqu’ils incorporent un le fameux jugement exercé par les pairs, ces systèmes induisent, organisent et exacerbent la concurrence entre les individus et les organisations qui constituent le milieu. Nous fonctionnons depuis quelques décennies à partir du postulat que la compétition est le moteur du développement de l’activité artistique professionnelle et que la concurrence qu’elle stimule et entretient se justifie par la poursuite de l’excellence artistique et disciplinaire telle que mesurée par des attributions de financement, par des montants de subvention. Cet état de choses est par ailleurs d’autant plus difficile à vivre pour chacun qu’il est presque sacralisé et que sa remise en question, même partielle, est souvent perçue comme une compromission condamnable avec la médiocrité. Évidemment, on se console en se répétant qu’on n’a pas inventé un meilleur système que le jugement par les pairs, ce qui est pourtant une certitude qui est surtout ancrée dans le monde anglo-saxon.

2. Un accès au financement privé, encore plus insuffisant que le public pour le moment, qui est n’est pas fondé, sauf exception, sur des systèmes le moindrement sophistiqués d’évaluation du contenu et de la signification intrinsèque de nos propositions. Ici la concurrence est forte, féroce, exacerbée, profondément déloyale et relativement hasardeuse, arbitraire et anarchique puisque que ce qui compte c’est moins ce qu’on demande que qui le demande à qui. Je ne sais pas s’il y a là de quoi se réjouir ou se désoler, mais je constate que le milieu de la danse, pour le moment, subit moins ce phénomène de concurrence que d’autres milieux.

3. La vente de billets aux consommateurs de spectacles est évidemment aussi une manifestation de concurrence. Les limites du marché auquel on participe, en particulier le phénomène de saturation qui est propre à une croissance presque unilatérale de l’offre alors que nous investissons si peu pour stimuler la demande, accentuent évidemment l’état de compétition.

4. Un autre phénomène de concurrence c’est celui que provoque l’arrivée constante de nouveaux joueurs dans un écosystème qui se considère à un moment précis en état de relatif équilibre. Quand l’argent est attribué et même si personne n’est vraiment contenté, quand on en arrive à une indigence pas trop mal gérée et qu’on se laisse convaincre que les ressources n’augmenteront pas dans un avenir prévisible; le dynamisme et la créativité de la relève, de l’émergence ou des artistes que nous amènent les mouvements migratoires domestiques et internationaux apparaissent comme autant de menaces. L’état de solidarité est mis à mal et l’ignorance intentionnelle du bruit que font ceux qui cognent à la porte est une tentation aussi réelle que difficile à admettre en public pour des raisons évidentes.

5. L’état de concurrence est aussi nourri par la quête de reconnaissance et d’attention que formatent et contrôlent en grande partie les médias d’information. Et ici, les inégalités entre les disciplines se creusent alors que la logique marchande écarte progressivement tout ce qui ne brille pas assez. On sait pourtant fort bien que, au risque ici de faire un jeu de mot facile, que tout ce qui brille n’est pas de l’art mais on joue le jeu parce qu’il s’inscrit dans la quête d’attention et de ressources sans lequel notre pratique artistique risque de s’étioler. Cet état de concurrence et de compétition est aussi magnifié de façon presque perverse par les distributions de prix, par les concours et par les galas, etc. Mais ici encore la danse est encore assez épargnée ou assez ignorée, c’est selon.

Je pourrais continuer encore longtemps à réfléchir à voix haute sur la concurrence, mais je crois que vous aurez compris que nous n’avons pas vraiment à nous préoccuper de maintenir un haut niveau de concurrence au sein du milieu culturel. Tout est en place pour que cet état des choses perdure, parfois au détriment même d’autres valeurs qui sont pourtant beaucoup plus compatibles avec la création artistique et surtout avec l’irrépressible désir de la communiquer et de la partager avec nos semblables.

Nous devrions cependant nous préoccuper de développer une éthique de la concurrence au sein du milieu culturel puisqu’il est hors de question d’en nier l’existence et que c’est peine perdue que de chercher à l’éradiquer. Il faudrait parvenir à composer avec la concurrence sans pour autant l’intérioriser.Et c’est sans doute en nous attardant aux caractéristiques mêmes de la création et de la communion artistiques que nous pourrons progresser dans ce sens. En effet, puisque la création artistique suppose, entre autres choses, qu’on accepte la part du rêve, le risque, l’exploration de nouveaux territoires, la recherche qui n’est pas dictée par l’utilitarisme, la possibilité de transgression des codes, des idées reçues, des comportements prévisibles et acceptés, la quête d’une perfection signifiante, la modestie devant l’inconnu, etc., etc. Comme discipline artistique, la danse valorise la confiance en l’autre, le travail d’ensemble, la solidarité quoi… Il faut que nous parvenions à réduire la toxicité de la concurrence à laquelle nous ne pouvons pas totalement échapper en protégeant les qualités intrinsèques de l’art et en en exprimant les valeurs qui en découlent comme la liberté d’expression, le respect des démarches individuelles, la valorisation de la singularité et de l’authenticité et surtout, et surtout :l’ouverture d’esprit, la générosité et le refus des conclusions définitives et absolues.

Maintenant, permettez-moi de réfléchir avec vous à cette solidarité dont j’ai dit plus tôt qu’elle requiert une attention constante et qu’elle se cristallise plus facilement quand il y a crises et désastres.
La solidarité me semble moins une réponse à la concurrence qu’une condition de survie d’un milieu, d’une communauté, d’une société, sinon même d’une civilisation.

Parlons donc de la solidarité comme condition de survie d’un milieu…

Je pourrais reprendre chacun des phénomènes que j’ai évoqués pour illustrer la réalité de la concurrence et les analyser comme des enjeux ou des défis de solidarité. Je me contenterai de n’en considérer que deux : la recherche d’argent et l’inclusion de la relève et l’émergence. Malheureusement, ces deux questions sont sans doute intimement liées…

On a souvent considéré que la meilleure réponse collective au besoin d’augmenter les ressources financières pour chacun c’était de limiter l’accès et de chercher à faire augmenter les sommes disponibles pour ceux qui sont considérés éligibles.

Ce raisonnement conduit au corporatisme.

Historiquement, le corporatisme était une réponse pragmatique et imparfaite aux abus du capitalisme. Il était basé sur le postulat, un peu court, qu’on peut réunir des individus qui ont des intérêts professionnels communs pour en assurer une promotion et une défense plus efficace en s’inscrivant dans une logique de négociation par branches professionnelles et parfois d’affrontement avec le pouvoir, qu’il soit patronal ou étatique. Avec le temps, les corporations ont développé l’argumentaire qu’elles sont aussi nécessaires pour protéger les intérêts des consommateurs.

Évidemment, on peut appartenir à une association professionnelle ou à un syndicat sans pour autant tomber dans le corporatisme. Loin de moi l’idée de ne pas reconnaître le rôle très positif que peuvent jouer les associations. Mais le corporatisme reste toujours une tentation forte puisqu’il mise sur la forme la plus primaire et la moins éclairée de solidarité. On contrôle l’entrée dans la profession, on établit une justice interne et on valorise un leadership qui place les intérêts des membres au-dessus de ceux des autres, y compris ceux d’autres professionnels et parfois même de la société, dans l’espoir de forcer des décisions qui leur seront favorables.

La tentation corporatiste s’exprime de temps à autre au sein des milieux culturels. Elle ne fait alors que déplacer la concurrence sur un autre terrain en proposant une solidarité presque mesquine. Et l’addition de plusieurs corporatismes n’améliore en rien la situation.

Je constate cependant que certaines associations professionnelles comme le RQD cherchent, à juste titre, à éviter le piège corporatiste en investissant dans une solidarité qui n’est pas repli sur soi, mais recherche d’universalité. Je le vois très clairement par exemple à l’occasion de la Journée de la danse.

En cherchant à se solidariser dans un élan vers les citoyens, on peut penser que les citoyens se solidariseront à leur tour avec nous. Je crois sincèrement que cette approche est prometteuse.

Pour l’heure, les grands enjeux reliés à la défense de la liberté artistique, au soutien à la création ou à la diffusion des œuvres préoccupent essentiellement les professionnels de la culture et les ministères, agences, conseils des arts ou services municipaux qui sont censés s’occuper de ces questions en misant sur leurs expertises et sur des moyens de plus en plus insuffisants. Les organisations de la société civile et les simples citoyens ne se sentent pas suffisamment concernés par ces enjeux. Ils sont d’ailleurs rarement interpellés sur ces questions par les milieux culturels professionnels, sauf par des discours qui s’apparentent trop souvent à une lamentation sans fin. Et au concours terrible de qui fait le plus pitié, la concurrence est malheureusement telle qu’il est de plus en plus difficile d’être entendus.

Je constate que le milieu de la danse au Québec est en train de repenser sa solidarité en interpellant la cité et en faisant valoir les valeurs qui sous-tendent ses contributions réelles à la vie de ses citoyens et au dynamisme de leur société.

La quête de ressources financières additionnelles commande évidemment la mise en œuvre de stratégies et de tactiques pour exercer des pressions, soumettre des argumentaires, faire des représentations et faire valoir des revendications. Il y a là un travail professionnel à effectuer et je comprends qu’il se fait et qu’on cherche à le parfaire. La conversation de tout à l’heure avec Pauline Marois en témoignait éloquemment. Mais le milieu, lui, se solidarise vraiment dans l’action, dans sa présence et sa prise de parole sur la place publique, dans ses échanges authentiques avec les autres.

Et son discours ne peut pas porter que sur lui-même, il doit porter sur sa relation avec la société dont il se réclame et dont il sollicite davantage de reconnaissance… et de solidarité.

Le milieu de la danse a besoin de beaucoup plus d’argent, les autres milieux culturels aussi d’ailleurs, et il faudra développer des solidarités ponctuelles avec d’autres entités qui veulent davantage de notre contribution pour des raisons qu’il nous faut chercher à comprendre et respecter, avec des citoyens qui peuvent apprendre à apprécier davantage nos pratiques, etc.

Tantôt j’ai dit que la recherche d’argent et l’inclusion de la relève et de l’émergence étaient très liées. C’était une simplification évidemment. La solidarité avec la relève et l’émergence devient une nécessité urgence parce qu’il y a crise, une crise encore larvée, mais une crise qui va éclater au grand jour tôt ou tard. Évidemment, je ne songe pas ici spécifiquement au milieu de la danse.

Les robinets sont fermés depuis déjà trop longtemps et l’évocation de l’état de sous-développement généralisé du milieu ne suffit pas à expliquer un déficit d’attention des plus expérimentés et des plus reconnus envers les nouveaux qui arrivent, qui veulent être accueillis et qui veulent percer. On doit ouvrir les bras sinon il va se produire des coupures générationnelles et sociodémographiques très difficiles à réparer. Une nouvelle solidarité doit être développée. C’est d’ailleurs très encourageant de constater que la relève en théâtre, en danse, en musique, en art visuel, etc. articule des discours forts et occupe de plus en plus de place dans la vie associative.

Il y aura là aussi des dérapages corporatistes temporaires, on cherchera peut-être à développer des solidarités primaires autour de l’âge ou de la condition ethnoculturelle, mais je gage, à partir de ce que je vois tous les jours à l’École nationale et de ce que j’entends au sein de Culture Montréal par exemple, que l’état de solidarité plus universel sera plus vite atteint cette fois-ci. Je n’y peux rien, je suis un optimiste.

Merci. Ce fut honneur d’être invité à votre tribune.

Simon Brault, président
Culture Montréal

Assemblée générale du Regroupement québécois de la danse
15 octobre 2006

Documents à télécharger:
Allocution CM – Simon Brault Concurence et solidarité (15-10-2006) (136 ko)

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