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Les publications

30.06.2003 Éditorial – L’été à Montréal : culturel et fusionnel

La richesse et le foisonnement des arts et de la culture à Montréal ne sont jamais aussi évidents que durant l’été, même si cette grande ville est une mine inépuisable de créativité et de mémoire qui fonctionne à plein régime à l’année longue.

Dès le début du mois de juin, les artistes et les artisans du Festival Fringe installent leurs petites tables devant les théâtres ou dans la rue pour inviter les gens à découvrir la création théâtrale surtout en langue anglaise. Quelques semaines auparavant, des compagnies du monde entier ont présenté leurs spectacles dans le cadre du Festival de Théâtre des Amériques et Terres en vue mettait en lumière la culture autochtone. Les principaux musées de la ville annoncent des expositions fantastiques qui donnent accès à des morceaux du patrimoine culturel de l’humanité. Un peu partout dans la ville, des techniciens déchargent des camions de leur équipement de cinéma. Le 26 juin, sur la rue St-Laurent, Dave Holland et Herbie Hancock marchent ensemble après avoir offert une prestation inspirée à des amateurs de jazz comblés par un festival qui prend habilement la ville comme écrin. Sur cette même rue, ils croisent d’autres artistes moins connus qui entrent dans le nouveau local de la Société des Arts Technologiques (SAT). Dans les parcs de l’île, des finissants de l’École nationale de théâtre et du Conservatoire remplissent leur premier engagement professionnel en jouant devant des milliers d’enfants et de parents qui viennent voir gratuitement la Roulotte de la Ville de Montréal. En juillet, les nuits de Montréal seront des nuits d’Afrique pendant que les journées du mois d’août serviront à concocter, dans les salles de répétition, les ateliers et les studios éparpillés dans la ville, ce qui sera présenté dès septembre.

Quand on connaît l’envers du décor et quand on constate l’exclusion culturelle qui sévit à Montréal comme dans toutes les grandes villes de la planète, on doit admettre que tout n’est pas si idyllique qu’il y paraît. Il ne saurait y avoir de trêve en matière de développement culturel. Cependant, on aurait grandement tort de ne pas profiter du bouillonnement qui caractérise l’été montréalais et surtout de la mobilisation de centaines de milliers de citoyens et de touristes autour des événements grands et petits, spectaculaires ou plus intimes, qui se déroulent au centre de la ville ou dans les quartiers, pour souligner le potentiel de cette métropole culturelle qui se déploie avec de plus en plus d’assurance. D’autant plus que l’automne politique qui s’annonce donnera lieu à une sérieuse remise en question de la dynamique sur laquelle se fonde cette assurance nouvelle.

Même s’il est présentement un peu occulté par le son des saxophones et par l’éclat des feux d’artifice, le débat sur la possible partition de Montréal est déjà très engagé et très mal engagé. En effet, on constate que la seule perspective d’une consultation démocratique a posteriori dans les anciennes municipalités de l’île a déjà permis la remise en cause de valeurs et d’acquis qui sont susceptibles d’imprimer à la métropole un véritable élan en faveur d’un développement digne de ce nom. Le spectre d’un découpage du territoire sur une base linguistique, le repli sur ses privilèges, le refus de partager ses ressources avec les arrondissements les plus démunis et le retour à des pratiques politiques paroissiales et aux inévitables chicanes de clocher qui y sont associées font trop souvent la manchette dans les médias de langue française et de langue anglaise.

Même s’il faut éviter de démoniser les partisans des défusions et répondre adéquatement à leurs doléances raisonnables, il faut admettre que ce débat risque d’empoisonner l’atmosphère et le climat de cette ville et de nuire à son envol sur le plan économique, social et culturel au moment où elle vient juste de décoller d’une piste construite avec beaucoup de bonne volonté et une bonne dose de maladresse.

L’été culturel montréalais met en relief les valeurs de tolérance, de convivialité interculturelle, d’inclusion, de sécurité et de partage de l’espace urbain qui sont une source légitime de fierté et de cohésion pour tous les citoyens de l’île. Il faut souhaiter que l’esprit qui règne présentement dans nos rues survive aux vents de l’automne.

 

Simon Brault, président

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